Louise Forestier – Vieille Corneille. On présentait en visionnement de presse au Cinéma du Parc, ce que le réalisateur Martin Villeneuve appelle un « docu-sical ». Il s’agit d’un documentaire sur Louise Forestier qui nous présente ses réflexions passionnantes sur différents aspects de la vie et surtout de SA vie, sur fond musical électro-acoustique, composée par Louis Dufort.
Un album de ce travail conjoint devrait sortir sous peu. Un peu comme le docu-sical, ce ne sera pas vraiment grand public puisqu’il s’agit d’une « poche de mots et de poésie » emmagasinée depuis longtemps, comme le décrit Forestier, sur fond de musiques planantes.
Elle ne voulait pas faire un album de chansons, elle ne voulait pas les contraintes et les règles imposées pour les écrire. Elle se fait donc totalement plaisir. Ce sera donc destiné aux initiés qui aiment Louise Forestier presque inconditionnellement.
Après avoir vu Vieille Corneille qui décrit l’oiseau qui l’identifie, je ne pourrai dissocier la musique des images. Elles deviennent des jumeaux fusionnés.
Ses réflexions s’arrêtent sur la vieillesse. Elle ne voulait pas entendre le mot vieille, mais à 83 ans elle dit tout naturellement aujourd’hui : « bin oui, j’suis vieille », en tirant les leçons les plus positives de la situation. Avec l’âge, elle a un spectre de vision plus large sur l’ensemble des situations, parce qu’elle a le temps.
Elle parle aussi du bonheur de désirer quelque chose avant de l’obtenir. Elle raconte qu’un couple d’amis revient du Japon avec leur fils de 8 ans, qui les a accompagné à tous les ans dans une destination monde. Et elle leur a dit : « À 8 ans, il a presque fait le tour du monde. Et après… Qu’est-ce qu’il va désirer ? »
Elle a personnellement rêvé de Paris dès l’âge de 12 ans, mais ce n’est que 10 ans plus tard qu’elle a pu partir à la découverte de ce qu’elle avait préparé et espéré minutieusement pendant des années, et le plaisir de les découvrir un à un.
Ses réflexions sur la finalité m’ont particulièrement interpellé. Louise Forestier est atteinte d’un cancer, le pire pour une chanteuse, mais sans préciser lequel. Encore là, c’est dans l’ordre des choses dit-elle, et elle savoure chaque moment qu’il lui est encore offert. Son plaisir à l’écran est palpable parce qu’elle ne joue pas, elle est plus vraie que vraie.
La nostalgie n’a aucune importance, c’est le moment présent et à venir qui compte, presque égoïstement. Elle est toujours habitée par un esprit d’émerveillement qui lui vient de son enfance, et qui lui permet encore de découvrir et de savourer, les silences par exemple.
Voir Louise Forestier se confier de la sorte dans ce documentaire est une révélation et un legs inestimable. Il faut la voir comme une enfant, faire l’ange étendu dans la neige, comme si elle préparait sa plateforme de départ.
La sortie publique du docu-sical Vieille Corneille de Martin Villeneuve consacré à Louise Forestier est prévue pour l’automne.
Principaux crédits du film
Réalisation, entrevues, direction photo, prise de son, montage et étalonnage : Martin Villeneuve
Scénarisation et écriture : Louise Forestier
Interprétation / Distribution : Louise Forestier et Leo Espert
Musique : Louis Dufort et Louise Forestier
Production : LABE – Let Artists Be et Louis-Armand Bombardier






























































