Montréal, on le sait, n’a pas peur du froid. Mais ce que le Taverne Tour a réussi à faire pour son 10e anniversaire dépasse l’entendement. Depuis jeudi soir, l’Avenue Mont-Royal n’est plus une rue, c’est un pèlerinage électrique où la buée sur les vitres des bars raconte l’histoire d’une ville qui refuse d’hiberner.
Jeudi 12 février : Une claque post-punk pour ouvrir le bal
La soirée d’ouverture a mis la barre (très) haute. Au Belmont, c’était complet et l’air était chargé d’une électricité rare. Les chouchous locaux de Yoo Doo Right ont littéralement hypnotisé la foule avec leur krautrock massif, préparant le terrain pour les vétérans de Détroit, Protomartyr. Voir Joe Casey déverser sa poésie brute dans l’intimité d’une taverne montréalaise reste un privilège que seul ce festival peut offrir.
Pendant ce temps, à La Sotterenea, la DJ et productrice Korea Town Acid nous a prouvé que l’expérimental peut être viscéral. Sa performance, aux côtés de la provocante Nuha Ruby Ra, a transformé le sous-sol en un laboratoire sonore où personne ne voulait sortir, malgré le thermomètre qui affichait -8°C dehors.

Vendredi 13 février : Entre nostalgie « Freak » et psychédélisme garage
Hier soir, pour le deuxième jour, le festival a pris une tournure presque mystique. À La Sala Rossa, l’hommage à Lucien Francœur, Les Freaks de Montréal, a été un moment d’anthologie. Voir la relève rock québécoise s’approprier l’héritage d’Aut’Chose avec autant de fougue nous a rappelé pourquoi Montréal est et restera une ville de rock.
Du côté du Ministère, les New-Yorkais de The Mystery Lights ont transformé la salle en un véritable « garage » des années 60. Sueur, fuzz et énergie brute : c’était le remède parfait contre la grisaille de février. On a aussi croisé une foule dense au Quai des Brumes pour la poésie électro-pop de Lydia Képinski, un spectacle qui affichait complet depuis des semaines et on comprend pourquoi : l’énergie était tout simplement contagieuse.

Verdict de mi-parcours
Le Taverne Tour 2026 réussit son pari : briser l’isolement de l’hiver en transformant nos bars de quartier en temples de la découverte. L’organisation est fluide, la programmation est audacieuse (merci La Sotterenea !) et l’ambiance est celle d’une immense fête de famille… mais avec beaucoup plus de distorsion.
À l’an prochain…



























































