Samedi soir, dans la belle salle de l’Agora de la danse, MIKRO/BARTÓK, pièce chorégraphique majeure co-créée par Hélène Blackburn et Cai Glover, a offert au public une expérience ludique. Cette œuvre, destinée à tous, explorait la thématique universelle de l’éphémérité, interrogeant la manière d’être, de paraître et de disparaître.
Cette traversée fut magnifiée par une trame sonore inspirée du célèbre Mikrokosmos de Béla Bartók. Ce choix musical s’est avéré judicieux, rappelant l’héritage du compositeur hongrois, pionnier de l’ethnomusicologie, dont l’œuvre chercha à fusionner l’authenticité du folklore avec les structures de la modernité. La partition a guidé l’univers scénique avec une justesse remarquable!
Le cœur de MIKRO résidait dans une fusion de trois modes de communication : le mouvement, la parole, et la langue des signes. Les cinq interprètes – Adrian Maxwell-Campagna, Alexander Ellison, Norika Isomura, Leah Hamel et Arnaud Mongeon – ont formé un ensemble d’une grande cohésion. Ils ont déployé une énergie palpable et occupèrent la scène avec brio, rythmant l’espace par un flux constant d’apparitions et de métamorphoses.
La richesse visuelle du spectacle était le fruit d’une collaboration artistique maîtrisée. La scénographie et les éclairages, imaginés par Myriane Lemaire et Hélène Blackburn, créèrent un espace à la fois épuré et respirant, essentiel aux jeux d’ombre et de lumière.
De même, les costumes, nés du partenariat entre Michael Slack et Hélène Blackburn, assurèrent une cohérence esthétique où le vêtement participait pleinement au dialogue avec le corps. Hélène Blackburn, figure majeure de la danse contemporaine et directrice de Cas Public depuis plus de trente ans, affirmait une fois de plus sa vision globale de l’œuvre, prouvant que son travail, souvent destiné au jeune public, n’en restait pas moins riche et exigeant pour les adultes.
Photo : Kristina Hilliard


























































