Hier soir, la Salle Bourgie a été le théâtre d’une rencontre musicale d’une rare intensité. Dans une collaboration inspirée entre le Festival Accès Asie et la Salle Bourgie, ce programme unique nous a conviés à une exploration de la flûte, cet instrument dont le souffle remonte à l’aube de l’humanité. Sous la direction éclairée de Bruno Deschênes, le concert est une véritable cartographie sonore reliant l’Orient à l’Occident.
Un dialogue magistral entre les cultures
La force de ce programme résidait dans sa capacité à faire cohabiter des mondes que l’on croit souvent lointains. La soirée a brillamment illustré l’évolution millénaire de cet instrument à vent, passant de la précision historique à la spiritualité ancestrale.

L’ensemble des interprètes a offert un voyage sensoriel d’une grande finesse :
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Mika Putterman a fait rayonner la flûte baroque par son élégance, tandis que Boaz Berney nous a replongés dans les sonorités boisées de la flûte Renaissance.
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Le volet asiatique a été un moment de pure grâce, avec les interventions habitées de Bruno Deschênes et d’Élisabeth Caty au shakuhachi, cette dernière explorant également les nuances du ryuteki.
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Shuni Tsou a ébloui par la virtuosité du dizi chinois, complétant ce panorama oriental avec le souffle voilé et mélancolique de Ziad Chbat au ney.
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Pour soutenir cette architecture de vents, le violoncelle de Kyran Assing apportait une profondeur de chant nécessaire, tandis que les percussions de Ziya Tabassian ponctuaient le voyage avec une précision rythmique fascinante.
L’expertise du Festival Accès Asie
On reconnaît ici la touche distinctive du Festival Accès Asie dans la programmation : un souci de l’authenticité et une volonté de célébrer la pluralité des voix. En invitant ces instruments millénaires dans l’écrin acoustique de la Salle Bourgie, le festival a offert une vitrine prestigieuse à des traditions qui vibrent d’une modernité absolue.
Une expérience hors du temps
Ce qui frappe, c’est la diversité des textures : le bambou, le bois, le roseau. Sous la direction de Bruno Deschênes, chaque souffle semblait raconter une histoire différente, passant de la virtuosité technique à la méditation profonde. Le public, suspendu aux lèvres des musiciens, a pu témoigner de cette diversité « vibrante et bigarrée » promise, où chaque membre de la famille des flûtes a brillé par sa singularité.
En somme, une soirée d’une grande intelligence interculturelle qui prouve que le souffle est le plus court chemin entre deux âmes. Un immense bravo aux artistes et au Festival Accès Asie pour cette proposition lumineuse.
Photo : Jonathann-Alexandre Gibault






























































