La Maison symphonique de Montréal s’est parée de reflets boréaux pour accueillir l’Orchestre Métropolitain dans le programme intitulé « Grieg, soleil nordique ». Sous la direction vibrante de la cheffe Lina González-Granados, l’acoustique irréprochable de la salle a servi d’écrin à une exploration fascinante des paysages et des tempéraments scandinaves, offrant au public montréalais un après-midi de musique émouvante.
L’événement a été marqué par la présence magnétique de la pianiste Michelle Cann. Lauréate de deux GRAMMY Awards et acclamée par la critique internationale comme une interprète au jeu « exquis », elle a su redonner une fraîcheur saisissante au célébrissime Concerto pour piano de Grieg.
Dès l’appel d’accords descendants initial, Michelle Cann a capté l’attention par sa virtuosité athlétique et sa sensibilité à fleur de peau. Sa maîtrise, forgée au fil de ses collaborations avec les plus grands orchestres américains comme ceux de Chicago ou Philadelphie, a trouvé ici un écho parfait, transformant chaque nuance du clavier en une narration vivante des fjords norvégiens.
Au pupitre, Lina González-Granados a fait preuve d’une autorité naturelle et d’une précision remarquable. Lauréate de la médaille d’excellence Sphinx et forte de son expérience auprès de maîtres tels que Riccardo Muti et Yannick Nézet-Séguin, la cheffe colombienne a ciselé les textures orchestrales avec une attention minutieuse.
Que ce soit dans l’ouverture dramatique de Dora Pejačević ou dans la célèbre suite Peer Gynt, sa direction a su équilibrer la force symphonique et la poésie folklorique, instaurant un dialogue complice et constant avec les musiciens de l’OM.
La seconde partie du concert a plongé l’auditoire dans la fascinante Symphonie n° 2 de Carl Nielsen. Inspirée par la théorie des quatre tempéraments, cette œuvre a permis à l’orchestre de déployer toute sa palette chromatique au cœur de la Maison symphonique.
De la fougue impétueuse du colérique aux tourments poignants du mélancolique, pour finir sur l’assurance solaire du sanguin, chaque mouvement a été interprété avec une plasticité exemplaire. Cette exécution magistrale a confirmé que la musique nordique, portée par des artistes de ce calibre, possède un pouvoir universel capable de réchauffer les cœurs printaniers de Montréal.
En somme, ce rendez-vous à la Maison symphonique ce fut une véritable célébration de la vie et de la psyché humaine à travers le prisme nordique. L’Orchestre Métropolitain a prouvé que la musique, lorsqu’elle est portée par une telle intelligence émotionnelle, possède le pouvoir universel de transcender les frontières!






























































