Sur le plan narratif, le spectacle retrace le destin d’Évangéline, séparée de son amour Gabriel lors de la Déportation des Acadiens en 1755. Ce drame fondateur devient le point d’ancrage d’une œuvre où l’intime rejoint le collectif. La mise en scène privilégie la retenue plutôt que le mélodrame, laissant le public ressentir pleinement le poids de l’exil, de la perte et de l’attente.
Avec Évangéline, la comédie musicale inspirée du célèbre poème d’Henry Wadsworth Longfellow, c’est tout un pan de l’histoire acadienne qui s’invite sur scène à la salle Wilfrid-Pelletier. Un récit maintes fois raconté, certes, mais qui conserve ici une force émotionnelle intacte grâce à une approche sincère et profondément humaine.
Dès les premières scènes, Maude Cyr-Deschênes s’impose avec évidence dans le rôle-titre. Elle incarne Évangéline Bellefontaine avec une grande sensibilité et devient véritablement le personnage angulaire de la production. À ses côtés, Olivier Dion prête sa voix à Gabriel Lajeunesse et offre une prestation vocale solide, nuancée et touchante, donnant au couple central toute la crédibilité nécessaire pour porter le récit.
La scénographie frappe rapidement l’imaginaire. Un immense rideau de lumière installé derrière la scène compose, numéro après numéro, de véritables tableaux lumineux. L’éclairage, particulièrement soigné, participe activement à l’ambiance et accompagne les émotions plutôt que de simplement illustrer l’action.
La participation d’artistes autochtones, notamment Océane Kitura Bohémier-Tootoo interprète Hanoah de la nation Mi’kmaq, apporte également une dimension culturelle pertinente et respectueuse au spectacle.
La seconde partie adopte toutefois un tempo plus lent. Il faut attendre assez tard avant l’apparition de Nathalie Simard, mais son numéro Au nom de toutes les femmes devient instantanément le moment le plus marquant de l’acte : une interprétation puissante, chaleureusement accueillie par une salle entière debout et généreuse en applaudissements. Malgré ce sommet, quelques passages souffrent d’un équilibre sonore inégal, la musique couvrant parfois les voix, ce qui nuit à la compréhension.
La conclusion arrive de manière plutôt abrupte, laissant une impression de précipitation dramatique. Les artistes reviennent ensuite pour le rappel afin d’interpréter Les amants légendaires et Évangéline, deux chansons marquantes dont on aurait presque souhaité une intégration plus tôt dans la soirée.
Au final, la production touche par son humanité et son devoir de mémoire. Les thèmes de l’amour, de la résilience et de la quête d’identité résonnent encore aujourd’hui, rappelant que certaines histoires appartiennent autant au présent qu’au passé.
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Évangéline est présentée du 5 au 8 février et du 31 juillet au 9 août à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, avec des représentations également prévues à Québec, Trois-Rivières et Moncton.





























































