Hier soir et pour quelques représentations au Théâtre Maisonneuve, Burn Baby, Burn de Côté Danse a embrasé la salle avec une force à la fois poétique, viscérale et d’une urgence brûlante. Guillaume Côté s’inspire du feu, élément créateur autant que destructeur, pour livrer une œuvre qui oscille entre l’euphorie et la gravité, entre l’énergie insouciante et une intensité dramatique qui résonne en écho à la crise climatique. Sur scène, il allume littéralement un contre-feu : un appel au mouvement, à la lucidité et au changement.

Dès l’ouverture, la scène fascine. Une pénombre enveloppante, découpée par des contre-jours chauds et vibrants, crée un tableau à la fois mystérieux et magnétique.
La signature lumineuse de Simon Rossiter, proche de l’esthétique immersive d’un Hofesh Shechter, installe immédiatement un climat hypnotique qui ne s’essoufflera jamais.
La chorégraphie, d’une richesse gestuelle impressionnante, se déploie sur un rythme pulsatile qui traverse tout le corps. Les danseurs glissent d’un unisson organique à des solos et duos finement ciselés, avec une fluidité qui confine à l’irréel. Cette tension constante entre collectif et individualité, nourrit un suspense sensible et lumineux.
Les costumes imaginés par Yso South ajoutent une couche supplémentaire d’intensité visuelle. Sur une base de teintes neutres, des touches de rouge incandescent, notamment les gants écarlates, captent l’œil. Ce choix scénographique dirige le regard vers les mains et les bras, véritables vecteurs expressifs de la chorégraphie, et souligne l’ingéniosité avec laquelle Côté explore ces zones du corps.
La pièce avance comme un organisme vivant : sections superposées, ruptures soudaines, motifs qui se répondent et renaissent. Les grandes fresques de groupe, rapides, explosives, impeccablement synchronisées, alternent avec des moments plus dépouillés où la vulnérabilité des interprètes affleure. Cette montée en puissance conduit à une finale cinématographique, aussi surprenante que saisissante… qu’il vaut mieux découvrir sans en connaître les contours.
La musique originale d’Amos Ben-Tal soutient admirablement cette dramaturgie physique. Sa composition regorge de détails évocateurs, un tic-tac, des voix enfantines lointaines qui enrichissent l’atmosphère sans jamais dominer le mouvement.
L’ensemble réunit des danseurs aux parcours variés, et cette diversité nourrit la texture même du spectacle. Chaque interprète, avec sa propre physicalité, contribue à un collectif vibrant à multiples facettes.
Parmi eux, Kevin Lau se distingue particulièrement : sa précision, la puissance de ses sauts et sa présence scénique électrisent littéralement le plateau.
Burn Baby, Burn est à l’affiche à Danse Danse jusqu’au 29 novembre, elle sera aussi présentée au Théâtre de la Ville (Longueuil) le 10 décembre. Détails et liens vers les billetteries: https://cotedanse.com/fr/calendrier/
Photo en accueil : Sasha Onyshchenko




























































