Salle comble de rentrée en ce premier septembre pour Un homme et une femme de Claude Lelouch (1967, 39 prix internationaux, Palme d’Or et Oscar du meilleur film étranger et meilleure actrice à Anouk Aimée) en cette incomparable salle (débaptisée Claude Jutra) de la Cinémathèque québécoise!
L’émotion de s’imprégner de la grandeur de l’image bouleversante au septième art sans les recours à l’envahissante violence des tueries et des bombes! Oui, l’image choisie par raffinement, celle des scènes des petits enfants candides à crûment dire ce que leur coeur spontané ou sincère leur dicte.
Puis la beauté essentielle des lumineux visages de Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée en noir et blanc mais aussi subséquemment en couleurs alternantes: voilà le coeur humain (du spectateur) qui bat la chamade.
Plus de classiques?
Quels délices raréfié(e)s aujourd’hui malgré l’authentique magnitude de la culture cinématograhique française jadis sous Lelouch, Malle, Truffaut, Resnais, Carné, Guitry, aussi l’italienne avec Visconti, de Sica, Antonioni, Bertolucci, Fellini, Francesco Rosi etc.

Depuis que les films d’action et d’horreur (et rebaptisés en biais nous dupant pour nous les faire avaler comme divertissement deux mois ad nauseam durant les étés répétitif 2022-2023-2024-2025 Démons-monstres et merveilles, toutes des programmations monolithiques) ont pris toute la place de cet écran rétrospectif, avec violence à la Tarantino décuplée cet été 2026, le cinéphile de la Cinémathèque au goût plus classique différant des générations nouvelles qu’on attire avec ce facile glaçage coloré de sang… souffre dans l’indifférence d’une directive évidente de la programmation, inconnue du membre cinéphile, mais triomphante!
Enfin pour qui a connu les grands cinéastes sachant imager une scène d’amour physique riche d’évocations (comme celles entre Aimée et Trintignant dans Un homme et une femme) sans les étalages sulfureux, tels ces artistes de l’image qui savaient raconter une histoire en scènes éloquentes de sens universels vraiment bouleversants — surtout sans l’apport saturant de la violence gratuite — l’imposition de la programmation d’été est devenue absolument terrifiante de diktats à avaler sans rouspéter.
Par exemple, programmer Natural Born Killers mais surtout vingt autres semblables à la suite en guise de Variations estivales sur le même thème, ça sent le tant pis pour vous: mais quelle démence répugnante glorifiant une Amérique qui tue comme ça, désormais tout partout, par indifférence ou la froideur assassine! Où est le réflexe de se refuser à ces diffusions délétères tous azimuts?
Où est la pensée, cette ultime qualité de la Poétique et de la Rhétorique d’Aristote valable pour toutes les argumentations humaines? Que préconisent ces films de violence à la chaîne sous prétexte d’Action?!!!
Enfin, avec Un homme et une femme et cet hommage bienvenu à Trintignant, nous aurons joui d’une pause d’égorgements et de tueries.
À quoi bon un Conseil d’administration?
Cette Amérique-monarque du cinéma qui tue et déshonore le genre humain nous détruira t-elle tout à fait avant qu’on ne réagisse… si c’est bien elle qui manigance cette décadence hollywoodienne d’hideux visage afin de nous enlaidir toute perception édifiante?
L’existence de l’ordinaire assassin méprisant la grandeur de l’essentielle quiétude s’impose sans doute trop avec ses feintes de banalités. Mais sujets féaux à la programmation avalisée ainsi par les administrateurs, retrouverons-nous cependant au moins la haute valeur de notre langue française et ses finesses surtout au cinéma dont la puissance d’accessibilité reproduit avec facilité le beau ou le laid, le juste et l’injuste, le bien et le mal?
Vouloir bien vivre
Au-delà du supportable, la programmation dictatoriale doit-elle et peut-elle atteindre au sentiment du vouloir bien vivre ?
En tout cas, en ce mois de septembre 2026, avec Trintignant encore 4 fois à la cinémathèque québécoise (Le conformiste de Bertolucci le 5, L’Homme qui ment le 10 septembre , La plus précieuse des marchandises le 13 et Amour le15) nous respirerons un peu.
J’implore, en somme, la pitié pour cette Cinémathèque où, depuis 1981 jusqu’en 2016, je contemplais, ces visages ou regards de grandes actrices et des incomparables physionomies faisant jadis toute l’éloquente grandeur de l’écran unique aux cinémas français et italien (Loren, Mastroiani, Delon, Cardinale, Marais, Deneuve et Dorléac, Moreau, Signoret, Aimée, Morgan, Gabin, Noiret, Adjani, Simon, Ardant etc.).
Les grands chefs-d’oeuvre de haute distinction ne devraient pas subir cette déchéance estivale indéfendable par les travers d’une programmation indéniablement dictatoriale.






























































