Dimanche après-midi, la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal bourdonnait d’une effervescence particulière : Arion Orchestre Baroque lançait sa saison 2026–2027. Pour l’occasion, l’ensemble montréalais a exhumé, en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane, Cendrillon (1810), opéra-féerie en trois actes du compositeur franco-maltais Nicolò Isouard. Le résultat tenait moins du concert que de la fête lyrique : un spectacle lumineux, drôle et tendre, qui a conquis petits et grands.
Un conte qui n’a rien perdu de son pouvoir
Chez Isouard, la fée marraine cède sa place à un astrologue malicieux, et la pantoufle de verre à une paire de bracelets. Qu’importe : l’essence du conte demeure. Derrière les quiproquos et l’humour parfois grinçant, on retrouve une histoire de bonté, de résilience et d’espoir, portée par une héroïne dont la sincérité a touché une salle suspendue à chaque note.
Musicalement, l’œuvre est une charnière fascinante entre l’élégance du classicisme mozartien et le lyrisme naissant du bel canto. Les airs, agiles et ornés, alternent avec des ensembles d’une belle vivacité théâtrale, tandis que l’orchestration, subtile et colorée, fait la part belle aux bois et aux rythmes sautillants. On y reconnaît tout l’esprit pétillant de l’opéra-comique français du début du XIXᵉ siècle.

Des costumes qui font rêver
Côté visuel, les costumes – étoffes miroitantes, coupes évocatrices, détails raffinés – apportaient une touche de splendeur féerique, parfaitement intégrée à la mise en espace dynamique de Julien Patenaude. Les plus jeunes ne s’y sont pas trompés. Il était d’ailleurs attendrissant d’apercevoir dans la salle plusieurs enfants venus habillés en petites princesses, les yeux grands ouverts devant le spectacle.
Une distribution à la hauteur
Sous la direction inspirée de Mathieu Lussier, les instruments d’époque d’Arion ont fait entendre des sonorités chaleureuses et finement articulées, avec un sens du théâtre irrésistible. Sur scène, la distribution franco-québécoise a brillé.
Les sopranos Emma Fekete, Magali Simard-Galdès et Florie Valiquette ont séduit par la délicatesse de leurs timbres, leur maîtrise technique et une complicité palpable.
Le ténor Cyrille Dubois a charmé par la noblesse et la souplesse de son chant, bien entouré des barytons Laurent Deleuil, Dominique Côté et Julien Patenaude. Préparé avec soin par Roseline Blain, le Chœur Éphémère a donné un relief majestueux aux grands ensembles.
Trois minutes debout
Au tomber du rideau, le public s’est levé pour une ovation nourrie de trois bonnes minutes, saluant la générosité des artistes. Arion signe ainsi un lancement de saison réussi : un moment de pure grâce où la musique ancienne a su émerveiller toutes les générations!
Site web : https://arionbaroque.com/fr/
Tam Photography

![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)


























































