Il y a deux ans, je découvrais un jeune crooner de 25 ans à la Cinquième Salle et j’écrivais, un peu étourdie par sa performance magique, que David Marino n’était peut-être pas encore connu du grand public, mais que le succès international lui tendait les bras s’il suivait sa voie. Il l’a suivie. Et comme un heureux clin d’œil, c’est dans cette même Cinquième Salle qu’il reviendra le 21 octobre 2026, non plus comme la révélation qu’on découvre, mais comme l’artiste qu’on retrouve, auréolé d’un rêve parisien devenu réalité.
Du Lido à la Place des Arts
D’octobre 2025 à juin 2026, David Marino a incarné Maxence dans Les Demoiselles de Rochefort au mythique Théâtre du Lido à Paris, la production qui a fait rêver plus de 140 000 spectateurs et qui, pour lui, représentait un rêve d’enfance à portée de voix.
Je me souviens de son sourire quand il me racontait, en entrevue avant son départ, comment tout avait commencé : un appel de son agent Lionel Lavault, une audition organisée en catastrophe à Paris, sept minutes devant le jury, et une réponse deux à trois semaines plus tard. « J’ai pris l’avion pour une audition de sept minutes! », m’avait-il confié, encore incrédule devant sa propre chance. Il m’avait aussi parlé de Maxence, ce rêveur romantique en quête de son idéal féminin : « Je pense qu’on se ressemble beaucoup. »
Il vivait alors dans le 8e arrondissement, tout près de l’Arc de Triomphe, et m’avouait, entre deux répétitions, qu’il avait déjà hâte de revenir chanter pour son public à la Place des Arts. Nous y voilà.
Un hommage à Michel Legrand, du Bal Blomet à Montréal
Parmi tous les compositeurs qui ont façonné son univers musical, Michel Legrand occupe une place à part pour David Marino, ce n’est pas un hasard si c’est justement dans Les Demoiselles de Rochefort qu’il a vécu sa consécration parisienne. Le spectacle David Marino chante Michel Legrand, présenté à salle comble au Bal Blomet à Paris, sera offert pour la première fois au public montréalais le 21 octobre prochain.
De la chanson au jazz, en passant par les grandes musiques de films qui ont marqué plusieurs générations, l’artiste revisite l’univers riche et cinématographique du compositeur. Accompagné de quatre musiciens, il fera revivre des mélodies intemporelles : Les Parapluies de Cherbourg, Les Moulins de mon cœur, le thème des Demoiselles de Rochefort et celui du film Les Uns et les Autres.
Pour cette soirée unique, il accueillera sur scène l’artiste lituanienne Ieva Dudaite, avec qui il a récemment enregistré une nouvelle interprétation du célèbre thème des Parapluies de Cherbourg — une rencontre musicale qui promet de belles étincelles.
Le crooner qui trace sa route
Ceux qui suivent David Marino depuis ses débuts savent qu’il n’a jamais fait les choses à moitié. Finaliste de la cinquième saison de La Voix en 2017 à seulement 18 ans, guidé à l’époque par son mentor Pierre Lapointe, il a depuis fait rayonner sa voix bien au-delà des frontières québécoises.
J’ai eu la chance de le voir évoluer sur la scène de la Cinquième Salle et de la Salle Claude-Léveillée, costume italien rayé sur mesure, numéros de claquettes et scat à l’appui, puisant dans le grand répertoire américain, Sinatra, Bennett, Aznavour, autant que dans la chanson française.
Ce même « athlète de la voix », comme il se décrit lui-même, qui répète que tout commence pour lui par les mots : « Quand je choisis mes chansons, ça commence avec les paroles. Si elles me touchent, je regarde la musique. »
Son parcours l’a aussi mené au légendaire Birdland Jazz Club de New York, l’un des clubs de jazz les plus prestigieux au monde, où sa prestation de 2024 avait été saluée par la critique. Il y était de retour le 10 août dernier, cette fois à guichet fermé, avec, déjà, son spectacle consacré à l’œuvre de Michel Legrand, comme une répétition générale avant le grand rendez-vous montréalais.
Une soirée pour se souvenir de Michel Legrand
À travers ce répertoire, David Marino rend hommage à l’un des grands compositeurs de l’histoire de la musique et du cinéma, en faisant revivre des mélodies qui continuent de traverser les générations. Pour ceux et celles qui, comme moi, l’ont vu grandir sur les scènes montréalaises avant de le voir s’envoler vers Paris, le 21 octobre s’annonce comme des retrouvailles chargées d’émotion, celles d’un enfant du pays qui revient chanter, la voix pleine d’un rêve accompli.
David Marino chante Michel Legrand Cinquième Salle — Place des Arts 21 octobre 2026
Billets : placedesarts.com































































