Tchaïkovsky & Tétreault : moments de grâce

En entrevue avec Les ArtsZé, il y a quelques semaines, le violoncelliste Stéphane Tétreault trépignait à l’idée de retrouver l’Orchestre de chambre McGill avec lequel il s’était produit, alors qu’il était à peine âgé de 12 ans. Plus encore, il allait rejouer les Variations sur un thème rococo de Tchaïkovski avec lesquelles il avait alors fait grande impression. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le musicien a de nouveau comblé le public avec son interprétation spectaculaire de ce morceau de bravoure. Rappelons que l’oeuvre comprend un thème principal suivi de sept variations jouées sans pause, excepté entre le dernier mouvement lent et le final. Autrement dit, le soliste doit maîtriser huit styles et les jouer pratiquement sans interruption. Non seulement Tétreault relève brillamment ce défi, mais ses sourires enfantins donnent parfois à penser que les innombrables difficultés de la partition l’amusent !

Stéphane Tétreault en concert avec l’Orchestre de chambre McGill – Crédit photo: Annette Woloszyn

Cela dit, l’autre temps fort de la soirée s’est produit dès l’ouverture du concert, alors que le violoncelliste joua, toujours sous la direction de Boris Brott, une oeuvre du père de ce dernier, Alexander Brott (1915-2005). Arabesque qui fut d’abord intitulée Rhapsody, a d’ailleurs été interprétée pour la toute première fois en public par l’épouse du compositeur, la violoncelliste Lotte Brott. Vraisemblablement heureux de partager l’héritage musical de la famille Brott, Tétreault a livré une captivante interprétation de cette oeuvre flamboyante en un seul mouvement Allegro moderato qu’on ne demande qu’à réentendre en concert ou sur disque. Ajoutons que la sonorité du violoncelle Stradivarius 1707 dont joue Stéphane Tétreault est prodigieuse !

Le MCO s’est montré moins convaincant dans les autres pièces au programme, notamment, dans les variations sur un thème de Tchaïkovski. Il faut dire que cette oeuvre d’Anton Arensky, élève de Rimski-Korsakov, est plutôt terne, ce qui explique sans doute pourquoi elle est rarement jouée.

Enfin, on ne peut que souhaiter à l’Orchestre de chambre McGill de soigner davantage la rédaction française de ses programmes, notamment celui de Tchaïkovsky & Tétreault où l’on retrouve plusieurs incongruités dont: «le style musicau» et «il s’épouse» !

Tchaïkovsky & Tétreault

Arabesque, A. Brott
Sérénade pour cordes Op.48, P.I. Tchaikovski
Variations sur un thème de Tchaikovski, A. Arensky
Variations sur un thème rococo Op.33, P.I. Tchaikovski

Salle Bourgie, 18 février 2019

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