Marie-Renée Lavoie, connue pour ses romans jeunesse et sa trilogie Autopsie d’une femme plate, vient de publier La fille au jumpsuit aux éditions Hurtubise. Avec sa plume unique, remplie de burlesque, de descriptions désopilantes, de dialogues colorés, de métaphores créatives et drôles, cette autrice que je découvre avec ce roman m’a complètement séduite. Cette histoire est hilarante, remplie de rebondissements rocambolesques. Cette Sylvaine est attendrissante avec ses failles dans lesquelles on se reconnaît. Ce roman fait du bien et nous apprend à mieux nous choisir.
Résumé : Sylvaine a 37 ans, elle est adjointe administrative et, surtout, elle n’a pas de vie. Pas de vie depuis sept ans, quand son chum l’a quittée le jour même où ils devaient emménager ensemble dans un condo qu’elle habite d’ailleurs toujours, avec deux fougères et un chat nommé Pablo Escobar. Alors que débute le roman, Sylvaine a enfin quelque chose à raconter à ses trois meilleures amies qu’elle va rejoindre pour leur habituelle soirée de sacoches : elle s’est acheté un jumpsuit. En bouteilles de plastique recyclées. Qui lui va comme un gant et dont elle est très fière. Peut-être même trop… Car ce simple jumpsuit est le domino du destin par lequel tout va débouler, entraînant Sylvaine dans une succession d’événements improbables et de péripéties incroyables, le tout couronné par un dénouement invraisemblable. Une nouvelle vie pour une pas de vie ? Un roman avec une fin qui finit bien ? Avec tout le monde qui s’aime ? Vraiment ? Ça reste à voir. Car avec Marie-Renée Lavoie, experte en quiproquos, cascades et rebondissements, tout risque toujours de virer sur un dix cennes – ou de glisser sur un jumpsuit – à n’importe quel moment et jusqu’au dernier mot…
Quelle belle découverte que cette autrice, Marie-Renée Lavoie, pour laquelle je suis tombée en amour avec sa plume unique qui sait rendre le quotidien hilarant, avec ses métaphores créatives et ses descriptions désopilantes ! J’ai éclaté de rire à plusieurs moments dans son récit et j’ai adoré ses comparaisons pour bien nous décrire des situations du quotidien que l’on connaît trop bien et qu’elle nous colore d’une bonne dose d’humour.
Extrait de comparaison que j’aime bien : «la bière d’après-match serait plutôt un popsicle. Ils dormaient au fond des glacières sur des lits de glace, comme des princesses empoisonnées qui attendent le contact d’une bouche.»
Parmi ses descriptions, je me suis bidonné des moments de baseball d’une équipe de très jeunes enfants qui apprennent à jouer. C’est tellement drôle, bien sûr car elle décrit si bien les situations cocasses, mais aussi, car c’est exactement comme cela que j’ai vécu les premières années de baseball de mes enfants. Que de souvenirs et de rires !
« Au premier but, Léa essayait d’attacher ses souliers en se mordant la langue, le dos tourné au marbre; au deuxième but, en pleine séance de réanimation, Ethan pompait le coussin pour faire lever des nuages de chaux; au troisième, ayant depuis un moment quitté la planète baseball, Kali-Rose jouait à Marco Polo avec ses amis imaginaires – elle courait autour du coussin pour éviter d’être taguée. »
Avec cette histoire, Marie-Renée nous propose une Sylvaine qui vit au neutre sa vie plate et sans surprise. Autour d’elle, on retrouve ses meilleures amies, Kathie, Nath et Marion. Bien qu’elles sont à des moments différents de leur vie, c’est beau de voir leur amitié et leur dévouement l’une pour l’autre.
Il y a beaucoup d’autodérision dans ce roman qui me plait vraiment. C’est très drôle par exemple de lire le passage où Sylvaine se prépare pour une «date» et qu’elle examine ce qu’elle va porter afin de mieux être prête à tout enlever pour une baise torride.
«J’ai donc opté pour une blouse fleurie un peu bouffante, un peu matante, mais à l’encolure généreuse qui offrait une belle vue en plongée… Je pouvais l’enlever d’une main sans me décoiffer ou perdre une boucle d’Oreille; parfait, l’autre serait occupée à déboutonner quelque chose. J’ai mis une brassière rose à bretelles dentelées largeur demi-lasagne, aussi belle que facile à ôter. J’ai tout de même fait l’exercice jusqu’au bout pour éviter d’être surprise par la lourdeur de mes seins. On ne sait jamais. Je les ai remballés et libérés plusieurs fois pour m’habituer au mouvement.»
Cette histoire en est une de quête de soi, d’amitié et d’amour. C’est une histoire qui fait du bien et qui fait réfléchir. Trop souvent, on laisse les autres dicter nos actions. On peut aussi s’oublier pour les autres trop facilement, refouler nos émotions, nos envies par peur de déplaire, pour ne pas offusquer, ou encore pour se faire aimer. C’est le cas de Sylvaine qui un jour, en aura assez et décidera de se choisir, d’oser se mettre en danger, de laisser son chat indépendant, de revoir ses priorités au travail, de chercher l’amour même si elle risque d’être déçue à nouveau, de dire non à ceux qui s’attendent toujours qu’elle dise oui.
Il est certain qu’on a tous des moments où on agit comme Sylvaine, en s’oubliant, en ne se choisissant pas d’abord. Ce n’est pas toujours facile à faire de s’affirmer et se choisir en premier. Donc, ce roman est parfait pour apprendre à prendre des risques et à vivre avec les conséquences qui peuvent, plus souvent qu’on pense, être bénéfiques.
En plus de l’histoire de Sylvaine, il y a celles des autres personnages autour, qui nous tiennent en haleine. C’est plein de rebondissements rocambolesques. Que ce soit Nath, son amie qui se met dans le pétrin solide avec ses actions peu réfléchies, ou encore Claire, la supérieure de Sylvaine au travail, qui prend la situation de son «Tanguy » à la maison en main de manière drastique, on est surpris de la tournure des événements et on rigole franchement de la manière dont tout nous est raconté.
J’ai adoré ce roman et surtout cette plume unique, qui m’a donné le goût de lire ses romans précédents. Marie-Renée Lavoie fait maintenant partie de mes autrices préférées.
Marie-Renée Lavoie
Avec son don unique pour les dialogues vivants et les personnages plus grands que nature, Marie-Renée Lavoie fait aujourd’hui partie des écrivaines contemporaines les plus reconnues du Québec. Depuis son roman La Petite et le vieux (Prix de la relève Archambault 2011 et Combat des livres Radio-Canada), elle a su gagner à la fois le coeur du public et celui des critiques littéraires. Son roman Les chars meurent aussi a été choisi par la ville de Québec au printemps 2019 pour la campagne « Une ville, un livre ». Sa trilogie Autopsie d’une femme plate, qui met en scène les aventures de Diane Delaunais, a été rééditée en France en plus d’être traduite en neuf langues (anglais, italien, allemand, roumain, tchèque, espagnol, serbe, arabe et russe). Marie-Renée a également écrit des romans jeunesse, dont la trilogie du Chat moribond, la série Zazie et le roman Le dernier camelot (finaliste au Prix des libraires jeunesse 2019) qui est devenu un classique de la littérature jeunesse fort apprécié des enseignant.es.
Prix : 26.95$
Date de parution : 26 mars 2026
Nombre de pages : 272 pages
Éditions Hurtubise : https://editionshurtubise.com/



























































