Dans une arène où le silence n’a pas sa place, Stéphanie Lake orchestre une rencontre au sommet entre la percussion pure et la motilité humaine. Manifesto est un rituel de haute voltige, une décharge d’adrénaline qui réconcilie l’ordre martial et le chaos organique.
L’architecture du choc : Neuf contre neuf
Le concept est d’une simplicité désarmante, mais d’une exécution redoutable : neuf batteries (Robin Fox, Tina Nguyen, Rama Parwata, Rohan Rebeiro, Alex Roper, Jen Tait, Rachel Trainor, Mathew Watson, Julia Watt) font face à neuf interprètes (Rachel Coulson, Tra Mi Dinh, Marni Green, Darci O’Rourke, Harrison Ritchie-Jones, Robert Tinning, Georgia Van Gils, Kimball Wong, Jack Ziesing).
Menée tambour battant, la pièce refuse tout temps mort.
Dès les premières frappes, on comprend que la batterie n’est pas là pour accompagner le mouvement, elle en est le moteur, le squelette et le souffle. La chorégraphie de Lake répond à la complexité des rythmes par une gestuelle d’une précision chirurgicale, alternant entre des unissons d’une puissance tectonique et des solos d’une fragilité désarticulée.

Une ode à la vie
Au-delà de la performance technique, Manifesto vous emporte dans une vague irrésistible. C’est une œuvre qui célèbre la joie brûlante d’être en vie, offrant au public une bouffée d’optimisme salutaire dans un monde souvent saturé de grisaille.

On ne sait plus si c’est la peau du tambour qui résonne ou le muscle qui se contracte. Le lien entre les neuf percussionnistes et les neuf danseurs est si serré qu’il en devient viscéral. Le spectacle monte en intensité comme une transe.
C’est une célébration de la force collective, où chaque battement de baguette semble propulser un corps dans l’espace avec une urgence vitale.
La maîtrise de Stéphanie Lake est énorme : la chorégraphe australienne confirme son génie pour les mouvements de masse, sculptant l’espace avec une intelligence qui rend hommage à la fois à la danse contemporaine et à la culture rock.
Si vous cherchez une expérience qui fait vibrer la cage thoracique et écarquille les yeux, ce spectacle est un incontournable. C’est une œuvre généreuse, bruyante et profondément lumineuse. Une véritable claque chorégraphique qui rappelle que le rythme est le premier langage de l’existence!
Au Théâtre Maisonneuve
Mercredi 1 avril
Playlist DJ Evita ✦ Rencontre post-spectacle avec les artistes
» Jeudi 2 avril
DJ set live avec DJ Evita
» Vendredi 3 avril
Playlist DJ Evita ✦ Rencontre post-spectacle avec les artistes
» Samedi 4 avril
Playlist DJ Evita ✦ Solos in situ de l’École de danse contemporaine de Montréal



























































