« C’est avec un immense plaisir que nous accueillons aujourd’hui une nouvelle plume dans nos pages. Fin observateur de la scène québécoise, dont nous suivons le travail et les réflexions avec une attention toute particulière, Roger Bourassa nous fait l’honneur de signer ici sa toute première collaboration. À travers son regard aiguisé et sa fine analyse, il nous propose une réflexion captivante qui saura, nous n’en doutons pas, enrichir notre lecture de l’actualité culturelle. Dans ce premier texte, il se penche sur le spectacle Lumière sur Ginette Reno | Intemporelle. Bienvenue, Roger ! »
Salle Gilles-Vigneault, Saint-Jérôme. – C’était un soir de première mondiale à Saint-Jérôme, puisque le spectacle Lumière sur Ginette Reno | Intemporelle a été créé dans le cadre de son Festival Lumière. Mais voici ce qui me rend sceptique quand on décide d’honorer un monument de la chanson : d’abord, elle est toujours des nôtres et active; puis, que va-t-on nous servir d’autre qu’une succession de ses plus grands succès ? Finalement, qui a des pointures assez grandes et solides pour interpréter ses classiques ?
Ce qui m’est rentré dans le plexus solaire, c’est de voir que des pans de mon adolescence et de ma vie d’adulte ont résonné dans les haut-parleurs et sur scène en version condensée d’une heure quarante. C’est maintenant que je réalise que Ginette Reno fait littéralement partie de ma vie depuis des décennies.Ce que je craignais être une succession banale de succès s’est transformé en de multiples surprises : Mélissa Bédard qui nous propose une chanson presque inconnue qui s’intitule « 62 ans », qui lui a valu la première ovation.
Ensuite, Mia Tinayre qui prétend être timide lorsqu’elle s’adresse au public, fait instantanément tomber ses inhibitions lorsqu’elle chante. À 18 ans, elle nous impose déjà son identité vocale avec « Quand ça balance » de Michel Legrand, qui lui vaut la deuxième ovation, et d’autres suivront. Un peu d’humour aussi lorsque Mélissa Bédard entame « T’es mon amour, t’es ma maîtresse » avec Jeanick Fournier, en nous lançant : « Eille, on est en 2026… » !
Ensuite, le Grand Chœur Jukebox, formé de plus de 60 voix, apporte un complément intéressant, mais un peu trop présent parfois dans les harmonies vocales. Les excellents musiciens dirigés par Christian Alary nous offrent des intros de chansons qui diffèrent des versions originales, ce qui ajoute un peu de mystère à la soirée.
Bref, cette « Lumière sur Ginette Reno » a largement dépassé mes attentes, avec le plus grand bonheur. Cette première, déjà excellente, se peaufinera et se relâchera au fil des représentations, et les prochains spectateurs n’en seront que plus gâtés et ravis.
Photo : Roger Bourassa





























































