Le Gouffre lumineux – sur ICI TOU.TV EXTRA. – La série de 10 épisodes raconte l’histoire d’Agathe, une femme de 45 ans. À la veille de son anniversaire, elle apprend qu’elle a un cancer. En un instant, sa vie s’écroule. Elle perd ses seins, son travail et son amoureux. Pendant ses traitements, elle trouve une force inattendue pour reprendre sa vie en main.
J’ai été sensibilisé au cancer du sein à l’âge de 11 ans, en 1967, lorsque ma mère est revenue à la maison avec le diagnostic. Elle avait 37 ans. Je me souviens qu’elle m’avait confié qu’une mammographie faisait très mal. À l’époque, l’ablation du sein était la seule solution immédiate.
Pendant plusieurs années, ma mère s’est donné pour mission de rencontrer et d’accompagner des femmes qui revenaient à la maison avec la nouvelle fatidique.
La série, produite par Julie Snyder, m’a fait remonter des souvenirs comme une véritable onde de choc. En homme de son époque et faisant face à cette réalité nouvelle, mon père l’a soutenue tant bien que mal, de façon souvent maladroite, ne sachant pas vraiment comment réagir.

Cette maladresse nous est présentée également par le père d’Agathe, interprété avec justesse par Marc Messier dans son dernier rôle. La série s’intitule « Le Gouffre lumineux », mais j’y ai vu plus d’ombres et de noirceur que de lumière, bien qu’on l’ait parsemée d’un peu d’humour souvent cynique.
On comprend bien que le scénario est basé sur l’histoire de la comédienne Anick Lemay, qui l’a coécrit. Le personnage d’Agathe, magnifiquement interprété par Marie-Ève Perron, entre dans le processus de guérison d’un cancer de stade 3 avec conviction. L’ablation des deux seins, les douleurs qu’elle doit gérer, la chimiothérapie, la radiothérapie, les hauts-le-cœur, l’effet « zombie » qui l’affecte quotidiennement et la fatigue constante finissent par la rendre extrêmement irritable, et on la comprend.
Même ses amies, qui font tout pour qu’elle se sente bien et qu’elle ait le moins de responsabilités à assumer, finissent par envahir sa bulle. À un certain moment, tout dans la vie d’Agathe devient une agression constante, et elle se révolte, au point de nous faire dire : « Mais quelle ingrate ! » Mais la série est jouée, dirigée et réalisée de sorte qu’on ressent et comprend chacune de ses sautes d’humeur.
Il y a quand même des personnages lumineux et amusants dans son entourage : ses amies, à l’amitié indéfectible, dont Nathalie, interprétée par la magnifique Kathleen Fortin, qui ne veut pas perdre un proche de la même façon pour une deuxième fois, et François, le personnage de Rémi-Pierre Paquin, gardien de son chalet, qui semble être le seul qui réussit à l’apaiser véritablement.
Une mention à sa fille Charlotte, interprétée par Agathe Bellemare-Ledoux, cette enfant qui navigue dans la tourmente et qui joue aussi juste et vrai que les grands. « Le Gouffre lumineux » est une série qu’il est difficile de regarder en rafale, tant elle est intense. Mais elle est aussi un devoir de mémoire essentiel pour toute femme ou tout homme qui pourrait devoir traverser et comprendre une tempête de la sorte.




























































