Le retour du plus célèbre pianiste français de l’heure, Lucas Debargue, aura lieu à la salle Pollack ce dimanche 25 octobre avec un beau programme de récital dont il fait une tournée occidentale (si ce n’est mondiale), un ami l’ayant entendu il y a peu, en Europe italiote.
À consulter le programme, il n’y aurait pas cette fois d’oeuvre de Gabriel Fauré duquel le virtuose a réalisé une sensationnelle et unique intégrale complète de l’oeuvre pianistique entière.
Ainsi, je ferai, dès à présent, mon pénible deuil du rêve d’entendre la troisième Barcarolle (1885) parmi treize et son passage central marqué Cantabile qui reste pour moi seul, j’imagine, l’empreinte tactile authentique du plus bouleversant moment du génie mélodique fauréen parmi tant d’autres.
Inégalable dans Scarlatti et Ravel
Nous avons suivi ce phénomène dès son avènement en ses premiers pas depuis le Concours Tchaïkovsky de Moscou de 2015 qui fut, jadis, un grand événement musical récurrent de tout premier plan ayant mis au jour les plus grands talents géniaux du bientôt tricentenaire répertoire pianistique hors Chopin.
Son Gaspard de la Nuit fit oublier en plein concours de 2015 celui d’Ivo Pogorelich à Montréal en 1980, cette autre étoile (désormais évanescente) de mes 20 ans.
Sa presque soixantaine de sonates de Scarlatti furent choisies (52 plus 4 fort à part, soit celles du coffret Sony Classical regroupées en communauté de tonalités) avec soin parmi les 550 existantes dont nous jouissons d’une intégrale suprême par Christoph Ullrich (sur étiquette Tacet).
Le coffret de Debargue fut aussi un événement du disque encore récent et pré-pandémique car Debargue a résisté à la destructrice force amuïssante de tant de carrières jusqu’alors fort amorcées.
Éloges mérités
Nos pages regorgent d’articles et de mentions louangeant ses interprétations virtuoses et ses créations originales.
Trois gigantesques affiches de l’artiste dont une dépassant taille humaine seront remises au plus offrant au récital de dimanche. Ayant résolu de me départir de l’inventaire de mes doubles et triples de tant de beautés, soit d’une collection d’images et de partitions de toute première édition (Chausson, Ravel, Falla etc.), j’ai cru subitement que le bonheur s’offrait en partage au bénéfice de l’institution de femmes mélomanes l’invitant pour la première fois chez elles, et oeuvrant à Montréal depuis 1892.
Faites-vous plaisir de ce récital: vous ne sauriez vous pardonner de ne pas en être et de ne pouvoir en parler ou en louanger les ressouvenances en trempant, un jour prochain puisque tout passe trop vite, votre madeleine dans votre tasse de thé, au soir de vos vieux jours de mélomane ou de rêveur(se).
Entrevue rêvassée
J’ai promis de m’agenouiller et d’implorer cette semaine une entrevue avec l’interprète si déterminé qui a tout construit de pratiquement zéro son vaste répertoire actuel depuis son quatrième prix survenu en Russie, en étoile fulgurante forcément inattendue puisque subitement apparue au firmament musical pour devenir tout à fait légendaire.
Le récital de dimanche comporte, en plus de la vaste deuxième sonate de Rachmaninov, une autre oeuvre russe tout à fait révolutionnaire à son époque, au jadis francophile pays où le jeune Debussy jouait le rôle de professeur des enfants de madame Nadejda von Meck (cette grande mécène de l’illustre Tchaïkovsky) soit une oeuvre que Benjamin Grosvenor a élevée au plus haut sommet, l’an dernier, au LMMC, soit les Tableaux d’une exposition (1874) de Moussorgsky.
Encore cinq longs jours d’attente
Que la Providence l’empêche de se joindre aux grandes intelligences éloquentes (tel l’orateur et jeune Juan Branco qui joue en ce moment même l’éloquent Mirabeau ou le courageux Danton) pour révolutionner la Terre autrement qu’en musique ressourçante au-dessus du tumulte du monde actuel si désarçonnant.
Ou, surtout, que l’idée s’éloigne de lui de rouler à la Camus à un malencontreux virage peu négociable ou de piloter en tourbillonnant un avion monoplace au-dessus du désert ou des lointaines mers pour passer les Andes ou plonger en courrier kamikaze à pic du plus haut cumulus pour foncer jusque sur ma Buenos Aires adorée, à la Saint-Exupéry.
Programme
RACHMANINOV Sonate pour piano no 2
(1873-1943) en si bémol mineur, op. 36 (1913)
DEBARGUE 20 variations et finale
(1990- ) en si majeur sur Summertime
MOUSSORGSKY Tableaux d’une exposition (1874)
(1839-1881)
Photo : Pavel Antonov

![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)



























































