Si les artistes sont souvent les catalyseurs du dépassement de soi, les spectateurs, eux, peuvent s’en inspirer. En tournée au Québec actuellement, le récital « Un piano pour Noël » fait doucement mais sûrement son chemin, mettant en scène un piano, son directeur musical et arrangeur Stéphane Aubin, 14 musiciens triés sur le volet, incluant violons, altos, violoncelles et contrebasse, ainsi qu’une des grandes voix du moment en Europe, Vladimir Kornéev.
Stéphane Aubin
Stéphane Aubin est notamment connu pour ses arrangements des « Quatre saisons d’André Gagnon », qui lui ont valu un prix en 2019. En 2023, un récital symphonique mettant en vedette la chanteuse Kathleen Fortin a également rencontré un franc succès avec les plus belles musiques du compositeur.
Le parcours impressionnant de ce professeur de musique à l’UQAM témoigne de son talent exceptionnel de pianiste et d’arrangeur, qui se révèle magnifiquement dans son récital « Un piano pour Noël » au cours duquel il reprend La ronde des bergers et Neiges d’André Gagnon.
Puis, non seulement il sublime les hymnes classiques de Noël comme « Have Yourself a Merry Little Christmas », mais il réinterprète également avec brio des trésors du répertoire québécois tels que « Marie-Noël » de Charlebois, « Mon pays » et « La danse à St-Dilon » de Vigneault (arrangements originaux : André Gagnon), parmi d’autres. Entrecoupé d’anecdotes, il rend un hommage vibrant à cet enfant chéri du Québec, disparu le 3 décembre 2020.
Tantôt accompagnateur de Charles Aznavour et de la soprano Marie-Josée Lord, puis directeur musical et pianiste dans la version théâtrale musicale intitulée « Belles-Sœurs », cette rencontre au sommet nous offre l’opportunité de découvrir le talent du baryton géorgien Vladimir Kornéev, qui semble avoir succombé au charme du Québec, y trouvant des ressemblances à son pays natal…
Vladimir Kornéev
Plus tôt cette année, Vladimir Kornéev avait, de sa puissante voix masculine, présenté « La Vie en Piaf » à la Cinquième salle de la Place des Arts. L’an dernier, il faisait équipe avec Patrick Bruel, Mario Pelchat et Marie-Josée Lord dans « Parapapam ». Et le voilà, bras dessus bras dessous avec Ginette Reno, interprétant en duo « Le Bon côté du ciel » à la populaire émission de TVA, « Ça finit bien la semaine ».
Dans « Un piano pour Noël », le trentenaire n’est rien de moins qu’exceptionnel. Non seulement a-t-il une facilité à changer de registre pendant une même chanson, mais il y met tout son corps en effectuant ce léger et discret mouvement de projection vocale. Sa passion est palpable alors qu’il tend encore et encore les bras vers le public. En fait, on reste médusé par un talent et une maîtrise vocale de cette envergure.
Cet artiste international transformera « Je reviens chez nous » de Jean-Pierre Ferland en une bossa nova sympathique. Il fera feu de tout bois avec l’incontournable et difficile « Minuit, Chrétiens ». Avec l’oreille musicale qu’il a, il n’est pas surprenant qu’il ait appris si vite le français.
Mais en plus de cette voix majestueuse, Vladimir Kornéev dégage un charisme naturel certain. Les caméras l’adorent. S’il incarne le tsar Alexandre Romanov dans « The Empress » sur Netflix, c’est qu’il a des airs de noblesse qui ne mentent pas. Ses pommettes hautes, sa mâchoire carrée, ses yeux profonds, ce nez droit, cette tignasse : pour le spectateur, il est un aimant grâce à sa voix et à sa beauté naturelle typique, mais aussi pendant le récital pour son côté détendu, très attachant et humoristique.
« Un piano pour Noël » est un doux cadeau à s’offrir à Noël durant cette tournée qui s’étend partout au Québec jusqu’au 22 décembre.
Crédit photos : Karl André





























































