Ce mercredi 18 février, le Théâtre Maisonneuve accueillait La revue finale, une création marquante du Norvégien Jo Strømgren. Plus qu’une succession de mouvements, cette œuvre explore les méandres du temps et du souvenir, permettant aux interprètes des Ballets Jazz Montréal de naviguer avec brio entre quête personnelle et portée universelle.
L’esthétique du souvenir
Le décor se dévoile autour d’une vaste toile suspendue en fond de scène, transformée pour l’occasion en studio photographique de fortune. Un meuble en bois surmonté d’un tourne-disque semble murmurer les échos du passé. Sous nos yeux, un jeune homme s’affaire à régler son objectif, guidant une jeune femme dans ses poses pour dompter l’éclat du flash.
Cet instant suspendu s’inscrit au cœur de La revue finale, où un groupe d’amis se réunit pour un ultime adieu à l’un des leurs. À travers cette séance de portraits et une suite de tableaux aux atmosphères changeantes, le spectacle recompose, avec une infinie tendresse, les fragments d’une vie désormais disparue.

La dualité du quotidien
La force de Strømgren réside dans sa capacité à briser le rêve pour nous ramener au sol. Sans crier gare, la scénographie bascule : le ton change, et l’on est transporté ailleurs.
« La vie est cette succession de petites joies parfois banales à travers les moments plus marquants, formant un paysage contrasté. »
Cette transition brutale rappelle que l’existence n’est pas qu’une longue mélancolie, mais un collage de fragments hétéroclites.
Les interprètes de BJM, réputés pour leur virtuosité technique, prouvent ici qu’ils sont aussi d’immenses acteurs du mouvement, capables de passer de la poésie la plus éthérée à la réalité la plus concrète avec une aisance désarmante.
La musique : Le pouls de l’invisible
La partition sonore agit comme le fil d’Ariane de ces 65 minutes. Elle soutient l’aspect organique des premiers tableaux par des textures sonores enveloppantes, avant d’adopter des rythmes plus ancrés pour les séquences du quotidien.
La musique ne cherche jamais à dominer la danse ; elle l’accompagne avec une justesse poétique, renforçant ce sentiment de simplicité devenue art. Elle donne une voix aux anonymes dont Strømgren veut raconter l’histoire.
Un bilan vibrant
La revue finale est une œuvre qui respire. Entre l’humour discret de Strømgren et la profondeur dramatique des thèmes abordés, le spectacle s’impose comme une célébration de la vie dans ce qu’elle a de plus mystérieux et de plus fragmenté.
Une performance qui confirme la place prépondérante des Ballets Jazz Montréal sur l’échiquier de la danse contemporaine mondiale!
La revue finale sera présentée à Montréal du 17 au 21 février
https://www.bjmdanse.ca/spectacles/revue-finale



























































