Bryan Adams : nostalgie et testostérone

Le créateur de (Everything I do) I do it for you se sentait sans doute bien entouré devant une salle débordante et une foule sur sa faim en ce lundi soir de la mi-septembre à Montréal. C’était son 21e concert ici, nous dira Bryan Adams. Peuplé de couples de tous âges, le temps d’une vingtaine de rengaines, le Centre Bell a été éclairé plus d’une fois grâce à ces « lampions cellulaires » devenus la norme lors de ces grand-messes musicales.

Légende internationale

Bryan Adams
Bryan Adams

Bryan Adams fait partie des légendes internationales du rock à cause de ces grands classiques, vers d’oreille, rythmes accrocheurs, parfois folk et voix rocailleuse en prime, des années 80 en particulier. À 20h et des poussières, appuyé par quatre musiciens ainsi que par sa propre guitare, il a quand même réchauffé son monde avec Kick Ass tiré de son plus récent opus, au titre sado-macho So Happy It Hurts, dernier cru, printemps 2022 qui comprend 12 de ses classiques revus comme il le fait au cours de ce spectacle.

Hormis la superposition d’un concept différent en spectacle, cette fois, l’activité autour d’une vieille bagnole qu’on aperçoit sur écran géant (une bagnole gonflable à l’effigie de celle sur la vidéo se baladera en fin de spectacle au-dessus de nos têtes), Adams parle et chante (Me voilà) en français  et fait dans l’immuable avec la formule gagnante que lui procurent ses chansons depuis plus de 30 ans. Sa mère de 94 ans apparaît dans ce vidéo. Côté anecdote, à 18 ans, il la convainquait de lui remettre l’argent d’une bourse d’étude prévue pour l’université à laquelle il n’est jamais allé. Avec ce pactole, il acheté un piano et s’est enfermé dans le sous-sol avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui.

L’espoir

Sur scène, le beau jeune blond de l’intense Please Forgive Me (1993) est encore et toujours aussi svelte et, à 62 ans, se déplace d’un bout à l’autre de la grande scène aussi aisément qu’un jeunot comme dans Somebody. Ça donne de l’espoir. Et c’est peut-être ce que tous ces gens en pâmoison sont venus chercher ici… 

En plus de ressasser les vieux souvenirs, entre autres, avec Summer of 69 (1985), tout comme dans son spectacle Shine a Light vu en 2019, les deux caméras sur rail installées derrière et devant la scène créent des images sublimes et magiques, captant non seulement les artistes sur scène de dos mais aussi ce public dense et conquis, tous, cellulaires allumés. L’effet est aussi rassembleur que dans une cérémonie à l’église. 

Keith Scott
Keith Scott

Compagnons d’armes

En plus de zoomer sur la silhouette de Bryan Adams de temps en temps, les caméscopes ont espionné le jeu de doigt de Keith Scott, un des compagnons d’armes du Canadien depuis ses débuts, dont l’agilité fait frémir autant que celle de Jimmy Hendrix. Les habiles battements de Mickey Curry à la batterie, les rythmes de Gary Breit aux claviers et la technique de Phil Thornalley à la basse, sont aussi passés sous les projecteurs. Des performances et une scène hautes en testostérone. D’ailleurs le rockeur s’est exclamé «That’s my boys» en fin de performance. 

En plus d’être un musicien accompli, Bryan Adams s’active en parallèle comme photographe professionnel et ça paraît. Mandaté pour photographier la Reine Elizabeth II avec un résultat épatant, pas surprenant (voir la photo sur son compte https://twitter.com/bryanadams) qu’il ait des exigences strictes pour les photographes des médias dépêchés à son spectacle.

Pérennité

À vrai dire, Bryan Adams, à l’ADN de musicien et de performer, a produit de nouveaux albums presque régulièrement depuis 1980. Mais comme bien des artistes qui ont créé une empreinte auprès du public, ce sont ses oeuvres de jeunesse qui remplissent à tout jamais nos coeurs.

La tournée se poursuit au Canada.

Pour en savoir plus.

Bryan Adams – I Ain’t Worth Shit Without You

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