Hier soir, l’Espace Orange a été le théâtre d’une métamorphose. Avec Down That Trail in the Woods, l’artiste anishinaabe Kìzis au-delà de la comédie musicale livre une explosion créative où le mouvement, la mélodie et la spiritualité entrent en collision.
Un amour qui défie le réel
Au cœur de cette fable onirique, l’improbable devient sublime : l’histoire d’amour entre Boy (Drew Bathory), un jeune humain en quête d’absolu, et Horse (Maxine Segalowitz), une créature à l’élégance magnétique. Sous la direction audacieuse de Kìzis, cet amour devient le moteur d’une célébration de la résilience.
Drew Bathory dans le rôle de Boy, livre une performance d’une grande finesse : il incarne avec une vulnérabilité touchante ce jeune humain en quête de vérité, dont les certitudes s’effritent à chaque pas.
Face à lui, Maxine Segalowitz est époustouflante dans le rôle de Horse. À la fois comique, émouvante et débordante d’énergie, elle nous transporte avec une aisance déconcertante dans cette histoire d’amour hors du commun. Elle réussit l’impossible : humaniser l’animal tout en conservant une force sauvage.
Entre cosmologie et transcendance
L’œuvre nous plonge dans une forêt sacrée où le visible tutoie l’invisible. La figure de Weesay ( Mulu Tesfu), divinité sylvestre issue des sagesses autochtones, est la clé de voûte de ce voyage. Plus qu’un rôle,
Weesay est le souffle même de la forêt. En divinité omnisciente, elle force Boy à affronter ses propres ombres, transformant le récit linéaire en une quête spirituelle bouleversante. Face à cette poussée vers l’inconnu, le personnage de Farmer (Emma-Kate Guimont) tente désespérément de maintenir l’ordre des traditions, créant une tension dramatique saisissante entre le passé et l’appel de la liberté.

Une prouesse physique tellurique
Oubliez les codes classiques. Ici, les 19 interprètes utilisent leurs corps comme un véritable territoire de résistance. La danse décore, elle incarne, elle lutte, elle exulte. Dans une chorégraphie qui semble parfois défier les lois de la gravité, Nate Yaffe, Ronny Joaquin, Be Heintzman Hope, Mathieu Hérard et Jossua Satinée déploient une énergie tellurique pour illustrer les cycles de la vie et de la terre.
Le triomphe de Kìzis
Kìzis, artiste pluridisciplinaire, femme trans et bispirituelle, réussit le pari fou de porter à la scène une mythologie personnelle mûrie depuis l’enfance. Sa capacité à fédérer un tel ensemble tout en honorant la cosmologie autochtone et l’audace contemporaine force le respect.
Durant 90 minutes, nous avons été transportés dans un univers que l’on ne peut qualifier que d’honnête, d’outrancier et d’absolument irrésistible. Une ode vibrante à la magie ancestrale et aux forces invisibles qui nous habitent!
Down That Trail in the Woods – Kìzis
Comédie musicale mêlant théâtre, danse et musique – création de l’artiste interdisciplinaire Kìzis.
Lieu : Agora de la danse – Espace Orange, Édifice Wilder, 1435 rue de Bleury, Montréal.
Dates restantes : 5, 6 février 2026 – 19h
7 février 2026 – 16h
https://danse-cite.org/saison/down-that-trail-in-the-woods
Coprésenté par : Danse-Cité et Agora de la danse.
Tarification : prix variables (20 $, 29 $, 40 $, 60 $) avec option à contribution volontaire.
Photos : David Wong



























































