Il y a quelque chose de profondément électrique dans le fait de pénétrer dans l’antre de la création de la danse avant que le vernis ne soit sec. C’est précisément cette promesse de vulnérabilité et de génie brut que nous offre le LABdiff 8. Oubliez la distance froide de la scène traditionnelle : ici, on enfile ses pantoufles pour plonger dans l’intimité de l’Espace Vert.
Le concept ? Un véritable saut dans le vide. Après une résidence de trois semaines, Marie Lévêque + Laborare et Alanna Kraaijeveld nous ouvrent les portes de leur laboratoire : une invitation à voir l’œuvre respirer, muter et se transformer sous nos yeux.
Première œuvre : Le bercement selon Marie Lévêque
Quelle claque de douceur ! Avec cette installation performative, Marie Lévêque réussit un tour de force rare : transformer le styromousse, matériau industriel froid et rigide, en un vecteur d’émotion pure.
On est immédiatement happé par le contraste entre la texture brute des blocs et la fluidité organique des interprètes : Salomé Janan, Molly Siboulet-Ryan, Léo Gauthier et Lila Geneix.
Le choix du bercement comme motif central est d’une intelligence remarquable ; ce n’est pas seulement un mouvement, c’est un baume. Sous les éclairages feutrés de Joy Boissiere et l’enveloppe sonore mystérieuse de Tiera Joly Pavelic, l’équipe active un processus de réparation quasi hypnotique. Une œuvre qui ne se regarde pas, elle se ressent.

Deuxième œuvre : L’énergie viscérale d’Alanna Kraaijeveld
Si la première partie nous a enveloppé.es dans un cocon, la seconde vient littéralement électriser l’atmosphère. Fidèle à sa signature, Alanna Kraaijeveld livre une proposition où la rigueur technique rencontre l’instinct sauvage.
Sur scène, le duo formé par Marine Theunissen et Alanna Kraaijeveld transforme l’espace en un véritable champ de forces. Chaque mouvement semble répondre à une nécessité interne, une urgence de vivre. C’est une sculpture du mouvement en temps réel, une recherche profonde sur l’impulsion et la réaction qui tient le public en haleine du début à la fin. Une décharge d’adrénaline pure !
Au-delà des performances, c’est la dimension humaine qui l’emporte. Autour d’un verre, les commissaires animent un dialogue bienveillant où le public devient acteur du sens collectif. Mention spéciale pour l’accessibilité : toutes les représentations sont traduites en langue des signes québécoise (LSQ).
Dernier soir le 9 février.
Photo en accueil : Denis Martin
ÉDIFICE WILDER – Espace danse
1435, rue De Bleury, Montréal H3A 2H7
Bureau 101
Métro Place-des-Arts



























































