Rejets et attentes vont hélas de paire au fil de nos vies programmées par notre piètre jugement par le quel on se croit être apte à délimiter les frontières entre masculinité ou féminité étanche. Et pourtant, pour qui s’aventure à approcher tout être vibrant même blessé, il n’y a que l’attachement pour faire place à la réticence mais surtout faire la paix avec nos indubitables profondes réserves d’amour qui n’attendent qu’une permission, une étreinte ou les mots aptes à faire sourdre cet amour du fond de note for intérieur. C’est ce vers où le bouleversant film de Laurent Micheli, Lola vers la mer, tente de nous amener.
La très volontaire jeune Belge Lola (Mya Bollaers) qui fut jadis baptisée Lionel est bien déterminée à se débarrasser des organes ou apparats qui l’empêchent d’être dorénavant courageuse femme à part entière. Son père, hélas bien trop coincé pour notre époque éclatée, interprété par un Benoit Magimel crédible l’a rejeté(e) depuis toujours sans doute pour cette tendresse qu’on craint ou appréhende chez un fils. Peu à peu, Lola affronte et confronte donc farouchement ce père muré dans le déni; elle lui fait encaisser tant les répliques que les revers pour triompher progressivement de lui et de son étroite ignorance. La trame des événements montre par séquences adroites l’hostilité qui s’exprime face à toute différence générique ne collant pas avec la fameuse norme que chacun accepte de se tatouer sur la conscience.
Le jeu de tous les acteurs dont le trop peu fréquent copain (Sami Outalbali) de Lola soutient chaque fois la tension et ces secours dramatiques viennent nous arracher le coeur au point culminant du film. C’est une très belle oeuvre bien conçue et retentissante que, sans presque aucun doute, le Festival Image et Nation de Montréal voudra peut-être reprendre comme filon car c’est une trouvaille méritoire qu’on devrait diffuser à tous les parents de nos écoles encore remplies de transphobies, très certainement, tout autant que d’homophobies sous jacentes (car on les confond toutes ces phobies en matière d’attirance ou de sentiment insolite d’appartenance générique) ne sachant dire leur vrai nom.




























































