À la Maison symphonique, l’Orchestre Métropolitain (OM) a relevé son pari avec une audace folle, nous conviant à un périple musical d’exception intitulé Le monde symphonique du cinéma anglais : D’Hercule Poirot à Harry Potter.
Il est des mélodies qui, dès les premières notes, évoquent des mondes entiers. Le cinéma britannique, riche d’une histoire séculaire, marie ici l’image et le son avec maîtrise et offre au septième art certaines de ses partitions les plus emblématiques.
Hier soir, la Maison symphonique vibrait aux couleurs de l’Union Jack.
Ce concert était une célébration de l’héritage musical d’outre-Manche : de l’adrénaline des thrillers d’espionnage à la poésie des drames victoriens, sans oublier l’épopée fantastique qui a conquis le monde: Harry Potter.
Il y a les musiques de film qui s’oublient une fois le rideau tombé, et il y a celles qui marquent l’âme. Sous la direction habitée du chef Andrew Crust, nous avons eu droit à cette seconde catégorie : des œuvres qui, dès la première mesure, ont fait surgir des mondes entiers dans l’esprit des spectateurs.

L’image par le son : le triomphe de la musique pure
Ce qui a rendu ce concert si exaltant, c’est l’absence totale de projections cinématographiques. Sans écran pour nous dicter quoi regarder, l’oreille est devenue le seul guide. Et c’était tant mieux ! L’équipe de l’OM l’avait promis : les véritables chefs-d’œuvre n’ont pas besoin d’images pour exister.
L’acoustique cristalline de la salle a servi de catalyseur aux orchestrations riches de John Williams et de Nino Rota, permettant à ces partitions de s’élever au rang de véritables symphonies à part entière.
De l’élégance victorienne à l’adrénaline de 007
Le programme s’est avéré un véritable festin :
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Murder on the Orient Express de Richard Rodney Bennett. On pouvait presque voir Hercule Poirot lisser sa moustache au rythme de cette valse ferroviaire.
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Les textures délicates de Pride and Prejudice (Carl Davis) et Emma (Rachel Portman) ont envoûté les âmes romantiques, tandis que le Jane Eyre de John Williams a offert un moment d’une émotion déchirante.
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Évidemment, le sommet de la soirée fut ce grand écart magistral entre l’action explosive de James Bond et la féerie de Harry Potter. Entendre le thème de l’agent 007 propulsé par la puissance des cuivres de l’OM a provoqué une vague de frissons indescriptible dans la salle.
Un orchestre au sommet de son art
L’OM est un ambassadeur culturel majeur. Que ce soit par la précision du geste d’Andrew Crust ou l’engagement total des musiciens, l’orchestre a joué avec un cœur qui ne trompe pas.
Il faut aussi saluer la portée humaine de ce projet.
Grâce à la tournée du Conseil des arts de Montréal (CAM) et au soutien de la Famille Ionescu, ce programme a pu vibrer au-delà des murs de la Maison symphonique, notamment à Saint-Léonard la veille. Cette mission de démocratisation est l’essence même de l’OM.
Pour les « Potterheads », les cinéphiles ou les simples mélomanes, ce concert a été l’antidote parfait à l’hiver. Une soirée où Londres a véritablement conquis Montréal par la seule force de sa musique.
Credit : François Goupil
https://orchestremetropolitain.com/fr/



































































