Marie Michèle Desrosiers prendra la route à partir du 30 novembre avec un tout nouveau spectacle intitulé Un piano pour Noël. Cette production, conçue et arrangée par le pianiste Stéphane Aubin, promet une expérience musicale à la fois intime, raffinée et empreinte de la magie propre à la chanteuse.
C’est en 1996 que tout a commencé. À Prague, sous la direction d’André Gagnon et accompagnée de l’Orchestre symphonique tchèque, elle enregistre l’album Noël, aujourd’hui devenu un classique du répertoire québécois. Avec Un piano pour Noël, elle fait en quelque sorte un retour aux sources.
Un retour attendu sur scène
Marie Michèle, qu’est-ce qui vous amène sur les routes avec Un piano pour Noël en 2025 ?
C’est Stéphane Aubin qui m’a invitée à me joindre à ce projet. Il avait présenté l’an dernier une version du spectacle Un piano pour Noël avec Vladimir Korneev en vedette, et c’était magnifique. Stéphane a une approche très particulière de la musique d’André Gagnon, dont il est un grand spécialiste. Cette année, il a eu envie de me confier la scène, avec de nouveaux arrangements et une atmosphère toute différente.
Comment décririez-vous la magie de ce concert ?
C’est un spectacle à la fois intime et orchestral. Nous serons accompagnés de 14 cordes, ce qui crée une sonorité douce, feutrée, mais aussi très riche. Stéphane est un pianiste d’une grande sensibilité, et il a imaginé un concert où se côtoient la chaleur des chansons de Noël et des clins d’œil aux grands compositeurs classiques comme Mozart ou Chopin.
Un hommage à André Gagnon
Ce spectacle porte aussi la forte empreinte d’André Gagnon. Quelle place occupe-t-il encore dans votre vie artistique ?
André a été un guide précieux ayant réalisé mon album de Noël à Prague. Il a su marier la chanson et la musique classique avec une élégance rare. Dans Un piano pour Noël, on retrouve cette sensibilité, cette noblesse dans la manière d’aborder les chansons de Noël. Stéphane a su capter cette essence à merveille, et c’est un univers dans lequel je plonge avec bonheur.
La rigueur et la passion
Comment se déroulent les répétitions ?
Dès février, nous avons travaillé à trouver les chansons et les tonalités. Puis, nous avons commencé à répéter depuis plusieurs semaines. Je travaille énormément ma voix, environ trois heures par jour. Il faut être en forme — je n’ai plus 25 ans ! (rires) — et garder la discipline vocale que ce genre de concert exige.
Mon premier spectacle de Noël remonte à 1995, alors ça fait trente ans que je vis cette tradition chaque hiver. C’est beaucoup de travail, mais c’est aussi une joie immense.
Devez-vous réapprendre certaines chansons ?
Oui, puisque des titres ne faisaient plus partie de mon répertoire depuis des années. Il faut les redécouvrir, les réhabiter. Stéphane aime aller chercher des pièces qu’on n’a pas entendues depuis longtemps. On retravaille alors les nuances, le souffle, le sens. Comme me le disait souvent André : « Respecte la mélodie, ne cherche pas à la changer. » C’est un principe que je garde toujours en tête.
La tradition et la magie de Noël
Que représente Noël pour vous ?
C’est avant tout un moment de partage. Comme tout le monde, j’aime les réunions de famille, mais j’ai aussi la chance d’aller à la rencontre du public, souvent dans leurs églises, leurs salles paroissiales, ou à la Place des Arts. Ce sont des lieux empreints de chaleur humaine. J’aime cette proximité avec les gens pendant cette période.
Y a-t-il une chanson qui vous touche particulièrement ?
Oui, L’Enfant au tambour. C’est une chanson bouleversante. Ce n’est pas tant une chanson de Noël qu’une histoire universelle, celle d’un enfant qui a perdu son père à la guerre. Elle me touche profondément à chaque fois.
Et puis, j’ai toujours un faible pour les classiques américains des années 40 et 50 — Have Yourself a Merry Little Christmas, The Christmas Song, I’ll Be Home for Christmas… Ces chansons font partie de la mémoire collective.
Une artiste de cœur
En regardant votre parcours, de Beau Dommage à aujourd’hui, quel regard portez-vous sur votre évolution ?
Je me vois d’abord comme une artiste de cœur, pas une carriériste. J’ai toujours suivi mes élans, mes coups de foudre artistiques, et j’aime travailler en équipe. Je suis une fille de gang : j’aime le partage, la complicité, l’énergie qu’on crée ensemble.
Avez-vous encore des rêves à réaliser ?
Je me concentre sur cette tournée pour l’instant. Chaque spectacle est un rêve en soi.
Un message pour le public
Qu’aimeriez-vous que les spectateurs retiennent d’Un piano pour Noël ?
J’aimerais que les gens sortent du concert le cœur léger, apaisé. Que le temps s’arrête un moment. On vit dans une époque chaotique. Un piano pour Noël, c’est une parenthèse de beauté, d’amour et de musique. Si je peux offrir ça au public, j’aurai réussi.
Crédit photo : Pierre-Luc Bernier



























































