Deux ans après avoir publié Le seizième roman, qui se passe entre autres dans le monde littéraire, Christine Lamer nous propose le premier tome de téléroman, Saison 1, aux Éditions Hurtubise. Ce roman est une réelle incursion dans les coulisses de la télévision, dès ses débuts dans les années 50, jusqu’aux années 80. On y suit les tribulations et la carrière d’une jeune femme ambitieuse.
Résumé : Montréal, 1958. Depuis l’apparition du petit écran dans le salon de la famille Jolicoeur, l’aînée des enfants, Marie, ne rêve que d’une chose : faire de la télévision. Et rien ne l’empêchera d’arriver à ses fins. Elle a pour modèle la grande Élaine Bédard, qu’elle adule pour son charme, sa féminité et sa force de caractère. Marie s’imagine déjà lui faire de l’ombre ! Après des débuts chaotiques, dont une audition catastrophique à Radio-Nationale, la carrière de la jeune ambitieuse démarre en flèche grâce à son rôle dans une réclame publicitaire pour la cigarette Player’s. Mademoiselle Jolicoeur devient alors Marie Jolie et, par la même occasion, l’animatrice vedette de la toute nouvelle station Télé-Populaire. Voici l’histoire d’une femme évoluant dans un monde d’hommes où ceux-ci s’improvisent réalisateurs, caméramans et preneurs de son. Ils peuvent également s’avérer des patrons incompétents ou trop entreprenants. Marie devra travailler avec acharnement pour prendre sa place.
Christine Lamer a baigné dans le monde de la télévision dès son jeune âge, puisque son père était réalisateur à Radio-Canada, et son beau-père Henri Bergeron était animateur à la télévision. Christine, elle aussi, a eu une longue carrière de comédienne devant les caméras. On peut dire qu’elle était bien outillée pour écrire cette série de romans sur les coulisses de la télévision.
Bien que les personnages de son roman sont fictifs, tout autant que leurs lieux de travail «Radio-Nationale» et «Télé-populaire», Christine n’hésite pas à inclure les véritables vedettes de la télévision et des événements historiques authentiques qui ont influencé l’évolution de la télévision. Ainsi, bien que ce ne soit que de la fiction, ce roman est très réaliste et représentatif de notre télévision québécoise depuis ses débuts en 1952. L’image de la page couverture du livre montre bien le ton du roman.
Ainsi, dans ce roman aux allures de téléroman, on découvre Marie Jolicoeur, cette jeune fille ambitieuse, qui travaille d’arrache-pied pour réaliser son rêve de devenir animatrice à la télévision. Elle a appris l’anglais, pris des cours d’art dramatique et de diction et même elle s’était inscrite à une agence-école de mannequins. Dès les premières pages, on s’est attachée à cette jeune femme ambitieuse.
Par la suite, alors que Marie Jolicoeur débute dans le métier, avec de petits contrats, dont quelques-uns en publicité, on apprend à connaître les divers métiers de la télé, et comment cela fonctionne en coulisse, puisque Marie veut tout apprendre et tout connaître. Ainsi, elle nous démystifie le fonctionnement des caméras, les divers rôles et responsabilités des réalisateurs, coiffeurs, maquilleurs, régisseurs de plateau, etc.
De plus, il est intéressant de voir que Marie Jolicoeur n’est pas une femme de son époque. Elle sait faire sa place dans ce milieu d’hommes en utilisant sa féminité et son charme. J’aime beaucoup aussi que l’autrice nous replonge dans des événements qui ont marqué autant le Québec que le monde, que ce soit au niveau télévisuel ou non, par exemple l’inauguration du World Trade Center, Expo 67, l’arrivée du Sida, ou encore le bed-in de John et Oko.
Ce roman contient aussi son lot d’anecdotes de tournages, d’imprévus cocasses, de moments de malaise lors d’émissions tournées en direct. Ainsi, on rigole de ces succulents moments qui nous montre que ce n’est pas toujours facile de faire de la télévision.
L’autrice nous montre également les moins bons côtés de l’ambition de Marie Jolicoeur. Cette femme que l’on qualifie de «workaholic» n’a pas vraiment de place dans sa vie pour sa famille, une vie amoureuse, ou des enfants. Elle apaise son stress par l’alcool, la cigarette et des baises sans lendemain. Son rythme de vie et son désir malsain d’être adulée par le public vont peu à peu lui revenir en pleine face et lui montrer le vide qu’elle a créé autour d’elle.
Christine Lamer a une belle plume, qui coule bien. Elle sait décrire des personnages, des situations, des endroits, avec détails et émotions, mais aussi avec précision et concision. Ainsi, on peut facilement imaginer ce qu’elle nous propose.
Pour quelqu’un comme moi, qui suis une mordue des coulisses des métiers de la télévision, du cinéma et du théâtre, je dois dire que j’ai été happée par cette histoire et conquise par ce retour nostalgique dans le temps.
Au final, on peut dire que ce roman est une belle rétrospective et nostalgie de l’univers de la télévision et on peut espérer que cela va continuer dans la saison 2, puisque la saison 1 se termine en 1986, sur une question laissée sans réponse… pour l’instant.
Christine Lamer est comédienne, animatrice et auteure. Elle a joué dans de nombreux téléromans tels que L’Or du temps et Marisol, a personnifié Bobinette pendant plus de douze ans et a animé plusieurs émissions de télévision. Elle joue toujours pour le théâtre et écrit à temps plein.
Prix : 24.95$
Nombre de pages : 368 pages
Date de parution : 17 février 2021
Éditions Hurtubise : https://editionshurtubise.com/
Mon appréciation de son précédent roman : https://lesartsze.com/le-seizieme-roman-de-christine-lamer-glamour-et-captivant/


























































