C’est la beauté de la musique seule et la performance des musiciens soit les voix des chanteurs solistes qui sauvent ce pompeux spectacle des Grands Ballets d’un ennui entier. Qui prétendrait offrir de la danse là où il n’y en aurait à peu près absolument pas pendant près de deux heures? Aucun mouvement des corps sur scène jusqu’à 21 heures 35 où, à peine un peu, on s’anima un tout petit brin, enfin… pour retomber dans l’immobilité ou des claudications insignifiantes ou des hochements de tête loufoques.
Donc le statisme le plus complet si l’on exclut la pléthore des gestuelles inopérantes, en somme aucune incarnation dynamique, rien pour que s’illustre un quelconque danseur ou une brillante danseuse. On remarque la faiblesse même des exécutions techniques sans unisson ni exigence de coordination effective, une suite de tableaux décousus sans lien avec les oeuvres musicales ancrées dans une réalité socio-historique nette et donc en total décalage irréconciliable avec les textes. J’ajouterai qu’on s’inquiète surtout de la mission d’incarnation de la danse.
Ce n’est pas de gaieté de coeur qu’on puisse devoir répondre à une question de cohérence qui surgit sans cesse à l’esprit pendant que se perd une autre occasion d’émouvoir un public dont la claque fut si timide après le Stabat Mater qu’on comprit pourquoi tant de gens riaient du ridicule de certaines attitudes quand il s’agit d’une descente de croix après une agonie et d’une mise au tombeau. Ainsi, ce sont donc les musiciens solistes invités qui illuminèrent d’un bout à l’autre l’entièreté du spectacle et durant le Carmina Burana tout autant.
Une longue soirée où énormément de gens dormaient profondément dans la salle. Du brio particulier de la soirée musicale, soit notamment de la soprano Aline Kutan, ensuite du ténor Spencer Britten et du baryton Dominique Côté, tous trois excellents dans leurs solos et vocalises du Carmina Burana et fort bien appuyés par le choeur et l’orchestre des Grands Ballets. Pour le Stabat Mater en toute première partie de «spectacle» qui n’était pas une première, on a aussi compté et non pas dans une moindre mesure sur les soprano Kimy McLaren et mezzo-soprano Maude Brunet que la musique de Pergolèse aura animées d’un esprit authentique.
Hélas, il faut le répéter, il faut faire avec des gestuelles qui ne collent pas du tout avec ce que nous suggèrent l’époque et l’histoire sainte pour le Stabat Mater et le contexte moyenâgeux de Carmina Burana. Les enfants qui seront amenés voir ces cérémonieuses ostentations chorégraphies d’Edward Clug et encore leurs parents devront garder l’apparence d’être magnétisés, une quasi mission impossible.




























































