Sur la rue Fleury, à Montréal, ce tout petit restaurant peut accueillir une quarantaine de convives. Le quartier compte plusieurs restos de chefs qui vivent du bouche-à-oreille, mais celui-ci a une particularité : sa scène accueille quelque 250 spectacles par année. On y mange très bien, mais hier, nous étions surtout là pour découvrir Karine Deschamps, qui présentait Chansons qui touchent le cœur.
Révélée au grand public à La Voix en 2013, elle évolue sur scène depuis l’enfance aux côtés de sa mère, Judi Richards. Avec le trio Judi & Filles, elle a enregistré deux albums de chansons originales et de reprises, et donné de nombreux spectacles du temps des Fêtes. Hier soir, sa mère et son père, Yvon Deschamps, célébraient leurs 55 ans de mariage, assis à une dizaine de pieds de leur fille, ce qui pouvait être un peu intimidant pour elle.
Après le spectacle, Karine m’a raconté que ses sœurs et elle ont appris à chanter en harmonie lors des balades en voiture avec leurs parents. Elle admet avec enthousiasme que c’est elle qui adorait le plus ces moments.

Le spectacle est sans prétention. D’abord, une succession de succès francophones, de Gerry Boulet à Francine Raymond en passant par Piaf, qu’elle interprète en s’accompagnant à la guitare. Elle enchaîne ensuite des classiques anglophones sur fond de musique préenregistrée : Stevie Wonder, Chris Isaak, Michael Jackson ou Bonnie Raitt, dont elle a livré un I Can’t Make You Love Me si vrai et si émouvant qu’il n’avait rien à envier à l’original.
Karine Deschamps est un diamant brut qui n’attend que de s’épanouir
C’est dans ces moments-là qu’on perçoit le vrai talent. Karine Deschamps est un diamant brut qui n’attend que l’occasion de s’épanouir et d’entrer dans le métier par la grande porte. Sa voix est majestueuse, d’une perfection et d’une précision sans faille. La personnalité est au rendez-vous et, plus important encore, l’émotion aussi, tout en subtilité.
Se produire dans une salle aussi petite, devant des spectateurs si proches qu’elle peut percevoir la moindre réaction, peut être déstabilisant. Elle s’est plutôt servie de la situation pour échanger avec eux, et le public le lui a bien rendu.
La salle est si petite qu’on pouvait jeter un coup d’œil discret vers Judi et Yvon, tout sourire et visiblement très fiers. Karine a invité sa mère à chanter la chanson préférée de son père, « Smile », de Charlie Chaplin, puis, pour couronner le tout, elles ont interprété en duo « C’est toujours à recommencer », du groupe Toulouse, chorégraphie incluse. Un moment sympathique et amusant.
Reste à savoir si c’est vraiment ce qu’elle a envie de faire dans ce métier qui, aujourd’hui, n’offre plus les mêmes outils ni les mêmes possibilités qu’à une certaine époque, disons… plus facile et plus invitante.
Le Rendez-vous du Thé, 1348, rue Fleury Est, Montréal
- Cuisine française originale : la plupart des plats, souvent inspirés de la gastronomie française ou mettant en vedette des viandes recherchées comme le bison, le kangourou ou l’agneau, sont cuisinés ou aromatisés au thé.
- Salon de thé : un vaste assortiment de thés importés de Chine, du Japon et de l’Inde, ainsi qu’une sélection de théières et d’accessoires.
- Boîte à chansons : le soir, l’établissement se transforme régulièrement en scène intime (soupers-spectacles) : chanson française, jazz, humour ou soirées thématiques.
Photos : Roger Bourassa
Programmation : http://www.lerendezvousduthe.com/fr


























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















