Généreux Pierre Lapointe au sommet de son art

Pierre Lapointe à la salle Wildrid-Pelletier
Crédit Photo : Victor Diaz Lamich
La salle Wilfrid-Pelletier en attente de Pierre Lapointe  – Crédit Photo : Victor Diaz Lamich

Hier soir, un Pierre Lapointe, au port altier, tiré à quatre épingles et arborant un costume flamboyant rose et orange, s’est avancé presque au tic-tac de 21h devant une foule impatiente de le voir à la salle Wilfrid-Pelletier dans le cadre des Francos de Montreal.

L’heure mauve

Pendant les 2 heures et demi qui ont suivi ce fut la fête avec 21 musiciens pour assurer la musique du concert intégralement tirée de l’album L’heure mauve, un projet épatant en collaboration avec le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), inspiré des oeuvres de l’artiste Nicolas Party (comme dans fête) et à l’initiative du directeur du MBAM, Stéphane Aquin.

Pierre Lapointe frôle la perfection avec cette présence charismatique sur scène. Le concept de la bande sonore a demandé un travail d’orfèvre puisqu’il s’agissait pour l’artiste de se laisser inspirer par les sept salles qui composent l’exposition immersive de Nicolas Party intitulée L’heure mauve, de choisir des pièces musicales de grands classiques de la chanson et d’y enchâsser ses propres compositions. 

Crédit Photo : Victor Diaz Lamich
Pierre Lapointe au sommet de sa forme – Crédit Photo : Victor Diaz Lamich

Les monuments et le concept

Les monuments à qui Pierre Lapointe a choisi de donner sa couleur sont le poète Charles Beaudelaire sur son poème Le serpent qui danse; Peter Seeger pour Sagt Mir Wo Die Blumen Sind que Marlene Dietrich a popularisé et que Lapointe a chanté en allemand sans accent apparemment car il a fait confiance à sa coach, nous dira-t-il avec beaucoup d’humour. 

Pour chaque chanson, il répond avec sa propre composition sur un thème semblable. Sa chanson La danse du conquistador est donc une réponse à Beaudelaire, tandis que Les fleurs d’une autre dimension en est une à Seeger. 

À Félix Leclerc dont il chante L’hymne au printemps, il répond avec L’hymne à l’automne. À Non je n’ai rien oublié de Charles Aznavour qu’il dit être une des plus belles chansons qui soit, il composera Le même café, la même rue. Cette interprétation fut un moment émouvant puisque j’ai de vifs souvenirs d’Aznavour que j’ai vu à quelques reprise sur cette même scène.

Aussi fera-t-il honneur à Gilles Vigneault et Claude Léveillée avec la chanson L’hiver que Monique Leyrac avait chanté. Il répond à celle-ci avec Aujourd’hui la neige revient.

À mi-chemin de ce concert dans lequel l’homme de 41 ans apparaît être à l’apogée de son art et de sa forme, il remettra entre les mains de la pianiste Amélie Fortin, la difficile tâche de jouer seule Gnossienne no 1 d’Erik Satie suivi d’une composition de son directeur musical Philippe Brault intitulée L’heure mauve 22, jouée à quatre mains avec Marie Christine Poirier. 

Pépiphonie de Pierre Lapointe sera ainsi une réponse à Youcali de Kurt Weil. C’est le merveilleux tenor Antonio Figueroa qui fera en duo la chanson avec la vedette de la soirée. 

Au rappel, il livrera deux chansons de son répertoire.  Ce concert a été précédé par la performance de l’artiste nommé Lumière alias Étienne Côté qui suit Lapointe dans sa tournée.

Les Francos sont une occasion unique d’assister à la richesse des talents francophones d’ici et d’ailleurs. Pierre Lapointe est un ambassadeur exceptionnel pour la francophonie et pour le Québec, en livrant son oeuvre et son message dans un français châtié, et portant avec lui une oeuvre vibrante, sensible et inspirée. 

L’exposition L’heure mauve se poursuit jusqu’au 16 octobre 2022

Crédits Photos : Victor Diaz Lamich

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