Le spectacle de la compagnie australienne Circa, présentement à l’affiche à la TOHU, a de quoi tenir le public en haleine ! Dix acrobates y repoussent à l’extrême les limites de leurs capacités physiques. Ils nous portent ainsi à réfléchir aux charges que nous portons, à la force physique et émotionnelle que nous développons et à ceux sur qui nous pouvons véritablement compter lors de nos propres sauts périlleux.

Photo : courtoisie
Est-ce du cirque ? De la danse ? Chose certaine, des numéros d’acrobatie qu’on pourrait qualifier de surhumains sont en quelque sorte chorégraphiés et se conjuguent intimement aux mouvements de l’ensemble du groupe. On ne parle plus de numéros, puisque tout est enchaîné sur une scène sans décor, entièrement habitée par les artistes. Il y a aussi place à la sensualité et à un certain humour. Attendez de voir par quel geste on symbolise «l’inaccessible», durant La quête de Jacques Brel. Cela dit, durant cette même chanson, au moment où il est question d’«écarteler», une acrobate empoigne violemment son partenaire par les cheveux. Disgracieux ! Imaginez si un homme en faisait autant à une femme ! Pire encore, une acrobate cloue son partenaire au sol en lui assénant de violents coups de pieds au dos, alors que celui-ci implore : «Please!» Comment une compagnie de cette trempe peut-elle cautionner pareille violence ? Désolant ! Fallait-il aller jusque là pour symboliser l’agressivité féminine ?

Photo : courtoisie
Mis à part ces bémols, ce qu’on retient de Humans, ce sont les démonstrations de force musculaire et d’agilité spectaculaires. Tout se déroule au son d’une riche trame sonore, dont le programme de la soirée ne dit malheureusement pas un mot ! Par contre, on y lit d’intéressantes observations du metteur en scène. Yaron Lifschitz estime que les humains forment «une espèce relativement faible et peu impressionnante… Un pigeon blessé pourra voler plus haut et plus longtemps que le meilleur acrobate du monde. Un serpent sera toujours infiniment plus flexible que les meilleurs contorsionnistes du monde. Mais c’est précisément pour cela que nos réalisations physiques acquièrent leur dignité, leur sens et leur poésie… Dans nos limites se trouvent nos possibilités.»
Modestes ou téméraires, les humains sont confrontés tôt ou tard à leur fin et on a trouvé une façon poétique et acrobatique d’exprimer cette réalité. Au tout dernier tableau, les corps bougent au sol avec précision, évoquant le rythme cardiaque qui s’arrête quand la lumière s’éteint. Poignant !
Humans de la compagnie australienne Circa
Dix acrobates sur scène
Mise en scène : Yaron Lifschitz
Durée : 70 minutes sans entracte
À la TOHU, jusqu’au 10 novembre.




























































