Le vendredi 27 février prochain, la Maison symphonique de Montréal vibrera sous les assauts du destin. L’Orchestre Métropolitain (OM) y présente un programme puissant mariant l’émotion brute de Tchaïkovski, la mélancolie picturale de Rachmaninov et l’effervescence d’une création mondiale signée Airat Ichmouratov.
Le retour d’un complice : Kensho Watanabe
Pour porter ce programme hautement dramatique, l’OM retrouve un visage familier et fort apprécié : Kensho Watanabe. Ancien chef apprenti de Yannick Nézet-Séguin (2013-2015) et ex-chef assistant de l’Orchestre de Philadelphie, l’Américain s’est imposé ces dernières années comme une figure montante de la direction d’orchestre.
Reconnu pour sa précision chirurgicale (il détient d’ailleurs un diplôme en biologie moléculaire de Yale !), il insuffle à ses interprétations une sensibilité qui sied parfaitement au répertoire romantique russe. Sa présence au podium promet une lecture à la fois nerveuse et nuancée des œuvres au programme.
Entre fatalité et paysage sonore
Le concert s’ouvre sur l’obscurité envoûtante de L’Île des Morts de Rachmaninov. Inspiré par le célèbre tableau d’Arnold Böcklin, ce poème symphonique imite le mouvement des rames sur l’eau, transportant l’auditeur vers une destination finale inéluctable.
Puis, la soirée culminera avec la monumentale Symphonie n° 5 de Tchaïkovski. Tout entière construite autour du « thème du destin », elle illustre la lutte de l’individu contre une force supérieure. De la marche funèbre initiale au triomphe éclatant (mais peut-être forcé) du finale, Watanabe saura sans doute en extraire toute la théâtralité.
Une création historique pour Michel Bettez
Le moment charnière de la soirée sera toutefois la création mondiale du Concerto pour basson d’Airat Ichmouratov. Cette commande de l’OM s’inscrit dans une volonté de mettre en lumière les musiciens d’exception qui forment l’âme de l’orchestre.
L’interprète ne pouvait être mieux choisi : Michel Bettez, basson solo de l’OM depuis 40 ans. Pilier de l’ensemble, ce musicien polyvalent au parcours impressionnant — membre fondateur du Nouvel Ensemble Moderne et pédagogue respecté — s’apprête à offrir une performance qui couronne quatre décennies d’excellence au sein de la « famille » de l’Orchestre Métropolitain.
Airat Ichmouratov : La voix du néoromantisme montréalais
Né à Kazan, en Russie, et établi à Montréal depuis plus de 20 ans, Airat Ichmouratov est un créateur dont la musique voyage aujourd’hui aux quatre coins du globe. Son style, résolument ancré dans une esthétique néoromantique, se distingue par une richesse mélodique et une maîtrise de l’orchestration qui parlent directement au cœur.

Celui qui est aussi chef d’orchestre et clarinettiste chevronné (notamment au sein de l’ensemble Kleztory) possède une compréhension intime des instruments à vent. Pour ce nouveau Concerto pour basson, Ichmouratov a puisé dans la versatilité de l’instrument.
L’ajout de cette œuvre au répertoire du basson est un événement attendu par la communauté musicale, tant le répertoire concertant pour cet instrument gagne à être enrichi par des signatures contemporaines aussi accessibles et vibrantes que celle d’Ichmouratov.
AU PROGRAMME
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Sergueï RACHMANINOV : L’Île des morts
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Airat ICHMOURATOV : Concerto pour basson (Création mondiale — Commande de l’OM)
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Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKI : Symphonie n° 5
Direction : Kensho Watanabe
Soliste : Michel Bettez (basson)
INFOS PRATIQUES
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Quand : Vendredi 27 février à 19 h 30
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Où : Maison symphonique de Montréal
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Billets : Disponibles sur le site de l’Orchestre Métropolitain ou à la Place des Arts.
À noter : La composition du Concerto pour basson a été rendue possible grâce au soutien des mécènes Roula Drossis & W. Mark Roberts.



























































