Vendredi soir 4 avril, la Maison symphonique était remplie à pleine capacité pour la grande Messe allemande des Morts de Johannes Brahms soit le Ein Deutsches Requiem (Le Requiem Allemand). La soirée fut détaillée comme Kent Nagano a souhaité nous la faire entendre en sa version originelle de 1868 (sans la section no.5 soit une ultérieure mémoire composée pour sa mère disparue).
Choeur radieux
Le vaste choeur triompha préparé de manière impeccable: sa précision, sa justesse, son émouvant souffle de nuances raffinées, sa puissance aux moments les plus forts (le second mouvement et l’ultime des six présentés) de sorte que, encore une fois, chapeau bas au directeur Andrew Megill.
Le baryton Johannes Kammler de sa voix puissante et nuancée s’est retrouvé richement encadré des solides éléments du choeur montréalais.
Quant à lui, l’Orchestre Symphonique de Montréal, tout à fait irréprochable en un ample concert sans entracte a donc obéi aux consignes de Kent Nagano derrière cette reconstitution historique sans oser sembler imaginer — comme moi je le souhaitais secrètement — qu’un rappel de six minutes trente secondes puisse permette à l’interprète Paula Murrihy, mezzo-soprano invitée, d’ajouter la partie manquante du Requiem intégral tel qu’il existe aujourd’hui comme oeuvre achevée.

Popularité indéniable de Nagano
Kent Nagano (Sonnez, Merveilles! Boréal, Montréal 370 pages) incarne l’issue finale de ce quart de siècle tumultueux après l’inégalable règne si mémorable des cinquante années vécues sous Pierre Béïque (Ils ont été la musique du siècle, Préface de Zubin Mehta- Montréal, 190 pages).
À bien y regarder de près, son public montréalais l’aura suivi fidèlement pour remplir la salle et quelque vendredi de Pâques que nous célébrions, ce public n’est pas tout à fait le même que celui du nouveau chef si dynamique, le jeune Rafael Payare.
Ce dernier attire la flamme d’une nouvelle génération passionnée venant s’abreuver aux sources musicales du premier organisme orchestral du pays d’un océan à l’autre. Violon et orgue Le touchant Abendlied [Chant du soir], op. 85, nº 12 de Robert Schumann sous l’archet du violoniste Alexander Janiczek, accompagné par l’organiste Jean-Willy Kunz, a constitué le sommet instrumental des interludes postés au coeur des six mouvements scindés en deux blocs d’interprétation par groupes de trois.
Bientôt la Symphonie Léningrad
Le grand événement absolu de notre printemps symphonique montréalais, enfin pour moi qui voue un culte assez particulier aux oeuvres tragiques de Dimitri Shostakovich, ce natif — atrocement persécuté par Staline — de cette Leningrad assiégée, encerclée et bombardée jusqu’à la famine (Harrison Salisburry, Les 900 jours : le siège de Léningrad, Albin Michel, Paris, 1970, 653 pages) aura lieu les 15 et 16 avril prochains.
a septième symphonie sera déchirante. Suivront à la Maison symphonique tout d’abord un audacieux concert d’orgue en après-midi du 26 avril, puis le retour tant attendu du pianiste Bruce Liu dans le premier Concerto de Tchaikovsky, oeuvre avec laquelle il avait gagné le Concours OSM il y a près de 10 ans et que nous avions recensée dans nos pages en lui prédisant, un jour de lucidité (triomphe réalisé en 2021 à Varsovie) un futur premier prix du plus grand de tous les plus fameux des concours de piano!
Ces retrouvailles auront lieu les 22 et 23 avril avec en plus Le Sacre du printemps de Stravinsky sous Payare.
Fin de saison en beauté
La grande gagnante du concours Chopin 2010 Yuliana Avdeeva surgira aussi les 30 avril et 2 mai prochains dans le premier concerto du compositeur polonais suivi du fameux Quatuor à cordes opus 25 avec piano, sublime oeuvre de Brahms, orchestrée par Arnold Schoenberg.
Ultimement, le 14 mai, nous aurons du solide Wagner et du berçant Debussy dans un programme mettant en valeur l’alto, cette viole mélodieuse placée entre les violons et les violoncelles selon la disposition habituelle du quatuor à cordes symphonique.
Johannes Brahms, Un requiem allemand [Ein deutsches Requiem], op. 45, sur des textes de l’Écriture sainte
I. Chœur : « Selig sind die da Leid tragen » (10 min)
II. Chœur : « Denn alles Fleisch es ist wie Gras » (14 min)
III. Baryton et chœur : « Herr, lehre doch mich » (11 min)
Giuseppe Tartini, Concerto pour violon en si bémol majeur, GT 1.Bb05, D120 : Andante – version pour violon et orgue (transcr. Jean-Willy Kunz) (5 min)
Robert Schumann, Abendlied [Chant du soir], op. 85, nº 12 – version pour violon et orgue (transc. Joseph Joachim/Jean-Willy Kunz) (3 min)
Johannes Brahms, Un requiem allemand [Ein deutsches Requiem], op. 45, sur des textes de l’Écriture sainte
IV. Chœur : « Wie lieblich sind deine Wohnungen » (6 min)
V. Baryton et chœur : « Denn wir haben hie » (11 min)
VI. Chœur : « Seig sind die Toten » (10 min)
Johann Sebastian Bach, Passion selon Saint Matthieu, BWV 244 : « Erbarme dich, mein Gott » (6 min)
George Frideric Handel, Le Messie, HWV 56 (orch. W. A. Mozart)
Chœur : « Kommt her und seht das Lamm » (3 min)
Aria : « Ich weiß, dass mein Erlöser lebet » (6 min)
Chœur : « Halleluja » (3 min)





























































