La reine Diane : de retour au stade !

Un événement rare, ce soir, à Montréal ! Diane Dufresne, la seule artiste du Québec à avoir rempli le stade olympique, il y a près de 40 ans, était de retour sur les lieux. En fait, la diva était au coeur du spectacle d’ouverture officielle de Fierté Montréal sur l’Esplanade du Parc olympique. On a présenté cette grande artiste, à juste titre, comme un personnage légendaire. Puis, Dufresne est passée comme une comète éblouissant la foule de ses trainées lumineuses. Trop court ! Il faut dire qu’on n’en n’a jamais assez de Diane !
 
Magie rose
 
Diane Dufresne – Crédit photo : Marc-Yvan COulombe

Statuesque, la dame de 77 ans se lance avec une version de La Vie en rose, en partie opératique ! Très en voix la Diane ! On lui hurle bravo ! On t’aime ! «Moi aussi, je vous aime», répond-t-elle avec toujours la même spontanéité depuis tant d’années. Les plus vieux se souviennent encore de son interprétation de ce classique de Piaf, lors du spectacle Magie rose, au Stade olympique, en 1984.

 
Le retour de Scott Price
En plus du bonheur évident qu’elle a à retrouver le public, il y a aussi la joie de renouer avec le chef d’orchestre Scott Price avec qui elle a travaillé bien avant Céline Dion. Price et ses musiciens livrent une version de rêve de la dansante Comme un damné, l’une des meilleures pièces du plus récent album de D.D.  Ça groove comme sur le disque ! Ça sonne un peu comme du Bashung. Sans crier gare, la septuagénaire y chante son désir pour un homme ! «Tu dis que le bonheur a de jolies fesses qui se moquent éperdument de la tendresse, mon ange… T’es beau mec / Comme un damné T’es beau». 
 
On est bien loin, ici , des chansons qui cherchent à dicter leur conduite aux hommes comme la sempiternelle Si j’étais un homme (D. Tell) et tant d’autres rengaines accusatrices envers les méchants mâles. Comme d’habitude, Dufresne s’exprime librement sans chercher à jouer les victimes. Elle le faisait déjà au début de sa carrière avec l’érotique Rock pour un gars d’bicyc‘. Mais, qu’elle ose le faire aujourd’hui démontre avec éloquence son indéfectible intégrité, alors que les dictats féministes associent volontiers les mots masculinité et toxique. 
 
Dufresne revisite ensuite son grand classique Oxygène dans un nouvel arrangement où sa voix devient légèrement robotisée. Le texte aussi est modifié. L’habituelle «J’allume mon climatiseur» devient «J’allume mon ordinateur». Toujours exigeante, Diane s’auto-critique sur scène, mais le public, lui, en redemande. 
 
«La beauté du monde, c’est vous!» 
Ce sera, alors, l’icônique Hymne à la beauté du monde. «Si vous la connaissez, ça me ferait très plaisir que vous la chantiez avec moi.» Alors que tant d’autres ordonnent au public de chanter avec eux, Diane, elle, n’impose rien. Respectueuse en tout ! Évidemment, on s’exécute ! «Ne tuons pas la beauté du monde…» Des larmes coulent sur les joues. Des mains se tendent vers cet être plus grand que nature, comme si on voulait la retenir, comme si on craignait d’être un jour privée de sa lumineuse présence.
 
Après avoir souhaité une très belle semaine aux festivaliers, elle conclut : «La beauté du monde, c’est vous!» Puis, elle quitte. On la réclame : «Diane ! Diane !» Rien à faire ! Cela dit, en quatre chansons, Dufresne a mené son monde dans des montagnes russes d’émotions. Encore aujourd’hui, il est immense le feu qui brûle en elle ! On en est rassuré ! Elle irradie !
 
Pierre Kwenders
En début de soirée, l’auteur-compositeur et DJ Pierre Kwenders a présenté plus d’une dizaine de ses chansons teintées de pop et de R&B. L’artiste montréalais né au Congo était accompagné, entre autres, de six danseurs. L’artiste qui s’exprime dans un excellent français a été accueilli très chaleureusement. 
 
Crédits photos : Marc-Yvan Coulombe

Sujets connexes

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d bloggers like this: