En cette semaine de la Foire internationale du Livre de La Havane où cinquante-huit écrivains latino-américains sont à l’honneur, il y a aussi une extraordinaire compagnie de ballet contemporain en vedette au grand théâtre du Parque central jadis nommé Théâtre Federico Garcia Lorca. Il s’agit des 21 superbes danseurs et danseuses de la compagnie du jadis célébrissime danseur étoile du Ballet national de Cuba, maestro Carlo Acosta, l’inoubliable seigneur de la danse (il deviendra directeur du ballet de Birmingham sous peu) dont un film biographique primé à Berlin intitulé Yuri demeure sur le point d’être distribué mondialement.
J’ai assisté aux deux des trois soirées de présentation de la troupe Carlos Acosta donc des quatre œuvres en première mondiale ou cubaine dont une (Cor) sous la créativité touchante de Marianela Boán. Au bout du compte, ce sont les œuvres Portal de Juanjo Arques et surtout Paysage, soudain la nuit de Pontus Lidberg avec ses duos d’amour lascif à l’emprise tactile à laquelle sont passés maîtres les torsadés danseurs cubains qui m’ont le plus ébloui.
Samedi soir surtout, le duo de danseurs Laura Rodriguez et Mario S. Elias dans Soledad ont arraché le cœur d’un public conquis faisant salle comble les deux soirs et répliquant d’écho à la très belle performance la veille du duo Marta Ortega et Raúl Reinoso. Chaque représentation change les solistes des chorégraphies même celle du dimanche qu’il m’aura fallu rater pour jouir de la programmation de l’orchestre symphonique national de Cuba au théâtre national de la Place de la révolution.
À la sortie de chacune des représentations où je me poste toujours à l’entrée des artistes pour admirer la sortie des ballerines et danseurs étoiles accueillis par les leurs, c’est la rassérénante vision d’une jeunesse vigoureuse tissée d’artistes irradiant de feu sacré que je contemple insatiablement comme le plus beau fruit d’une terre certes appauvrie des biens matériels pléthoriques de nos nations gaspilleuses cherchant leur âme en vain… mais une nation cubaine comblée d’artistes fièrement indépendants alors que le soleil et le dévouement absolus de ces passionnés du corps en mouvement musical rythmé et chanté nous font une leçon de bonheur et de joie de vivre… sans relâche! Ainsi me font-ils retrouver la légèreté de mes farouches vingt ans! Viva Cuba libre!
Siempre!
Hasta la felicidad!




























































