Documentaire sur la personnalité et la vie d’humoriste de Dany Turcotte
«Dany Turcotte, l’urgence de vivre» est un beau documentaire rempli de moments touchants sur la vie et la manière toute simple de jouir de la vie de Dany Turcotte, le célèbre Fou du Roi de l’émission hebdomadaire Tout le Monde en Parle. Il était en vedette, à la première de visionnement public, lundi soir, sur scène, au Festival Image et Nation qui a cours cette année jusqu’au 1er décembre au Cinéma Impérial (métro Place des Arts, sortie Bleury).
Environ 200 personnes s’étaient déplacées, surtout des proches ou des admirateurs de l’ancien humoriste du Groupe Sanguin dont son jeune amant, un bel Acadien qu’on aperçoit brièvement dans le film lui exprimer une admiration sincère pour qui il est… et non pas pour sa seule renommée qui laisse supposément indifférent sa tendre moitié.
Dany Turcotte nous y parle de son père décédé, jadis atteint de maniaco-dépression, donc la difficile coexistence avec lui: il élabore les étapes de son cheminement scolaire depuis l’adolescence et parle surtout de ses confrères et consoeurs du Groupe Sanguin (dont Marie-Lise Pilote). En somme, c’est un profil de sa carrière de sorte que ceci pourrait être projeté dans toutes les écoles secondaires et primaires du Québec comme outil de sensibilisation avec le même but ou impact que GRIS, cet organisme de grande utilité pour démythifier l’homosexualité et les LGBTQ+.
Le documentaire ne dure que 45 minutes et il offre des moments choisis de sa verve cinglante, surtout des sketches et de ses petites cartes du dimanche soir offertes avec audace à certains invités qu’il admet aujourd’hui avoir un peu mal traités ou plutôt avoir démontré envers eux ou elles un peu d’effronterie mal placée. Ce portrait nous permet d’apprécier la personne assez humble qui n’a pas du tout l’auréole du censeur mal avenant qu’il incarne à TLMEP.
Il a été un garçon qui a étudié Arts et technologie des médias à Jonquière, une technique de trois ans et, comme il est originaire du Saguenay, au fil des ans, il devint humoriste célèbre au Québec mais surtout un modèle d’homme gai largement accepté dans sa région. Tourné et narré en langage de tous les jours, le documentaire sans prétention s’adresse au grand public et ne dévoile rien de profondément dramatique au fil d’une vie dirigée vers l’humour et la dérision.
À 53 ans, le titre qui adopte les mots «Urgence de Vivre» me semble un peu fort, à mon avis, car on ne voit pas ni n’apprend t-on rien de menaçant pour son avenir comme si ses jours étaient soudainement plus comptés que pour vous ou pour moi. Son parcours pourrait le conduire facilement vers d’autres milieux ou des rôles de représentation ou d’engagement politique même, en tout cas à en juger par certaines personnalités politiques s’étant déplacées pour l’entendre et qu’on ne voit que très très rarement hors des cénacles de la gouvernance permanente du pays, attachez votre ceinture!
Ce serait le candidat idéal pour un comté du Saguenay-Lac-saint-Jean, dans n’importe quelle circonscription. L’effet ultime du documentaire est de nous le rendre immensément sympathique et non plus un être dont on doive se méfier en le croyant redoutable.




























































