Pour finir cette série, je vous propose de découvrir Karl Klaus au travers de ses « aphorismes », autrement dit, ses pensées. Davantage critiques et choquantes, que philosophiques et sages, elles sont révélatrices d’une société passée, mais troublée, de laquelle on pouvait déjà sentir émerger des problématiques que l’on retrouve encore aujourd’hui.
Il ne sera donc pas question d’environnement à proprement parler, mais plus d’ouvrir la réflexion à partir des dires de Kark Kraus, écrivain en colère, né en 1874 et mort en 1936. Période peu clémente pour un juif. Forcément, ça laisse des traces…
Tout y passe : l’art, les hommes, les femmes, les guerres, les journalistes, les juifs. Certaines de ses citations peinent à être comprises, il faut bien le dire. Contexte manquant ou problème de traduction, toujours est-il que les subtilités nous échappent, alors que d’autres nous font singulièrement grincer des dents : « Il ne s’agit pas seulement de considérer l’aspect extérieur d’une femme. Les dessous ont également leur importance »…
Bien entendu – même si on ne peut faire l’impasse sur les visions très misogynes du monsieur – d’autres thématiques méritent davantage que l’on s’y attarde :
Tendance de ce qu’on appelle la morale : jeter le bébé avec l’eau du bain.
Il ne suffit pas de corriger une erreur pour faire oublier une vérité. Sinon, on baigne dans le mensonge.
C’est triste de constater que dans le monde, la bêtise règne de plus en plus. Un nombre impressionnant qu’il n’est pas nécessaire de combler par la méchanceté.
Visionnaire acerbe des dérives des hautes instances financières, du libéralisme outrancier et du journalisme suffisant, Il ne suffit pas de lire est une révolte littéraire qui ne prétend pas détenir la vérité absolue. D’aucuns y verront les délires d’un écrivain frustré ; d’autres iront chercher un temps, n’importe lequel pour se remettre en question, soi, la société, le monde, l’Humanité… trouver ses ressources fiables, variées.
Si un déclic peut mener à l’action, la lecture peut mener à la prise de conscience, et c’est un bon début.
Il ne suffit pas de lire – Karl Kraus
Éditions : Klincksieck
Genre : Littérature
220 pages




























































